Editorial 2001

L’année 2001 a été aussi remplie que les années précédentes en ce qui concerne les activités homériques : la rubrique " iconographie " du site homerica conçue par Odette Touchefeu (professeur honoraire à l’Université de Nantes) avec la collaboration active de Gilles Coullet, chef de projet multimédia (Villefontaine) a été mise en ligne à la rentrée : nous vous suggérons vivement de la visiter et de nous envoyer vos commentaires et réactions.
Pour la réception " moderne " d’Homère, nous avons acquis les droits pour un tableau du Louvre représentant Homère aveugle, et pour un " Enlèvement d’Hélène " provenant d’un panneau de coffre de mariage de la collection Campana, déposé au Musée Calvet à Avignon. Nous espérons trouver des collaborations pour des fiches de commentaires aussi riches que celles de Madame Touchefeu pour l’iconographie ancienne.
Nous disposons d’échantillons d’un dictionnaire de la mythologie grecque composé en italien par le Professeur Ezio Pellizer (Trieste), que nous espérons pouvoir mettre en ligne prochainement avec la collaboration de l’IMAG (comme pour la bibliographie homérique, nous nous heurtons pour le moment au problème des polices grecques et du passage de Macintosh à PC et réciproquement, difficile avec les polices utilisées par E. Pellizer comme M. Steinrueck.
Nous avons en 2000-2001 numérisé en mode texte les Tableaux tirés de l’Iliade du Comte de Caylus, ouvrage que le site gallica de la BNF ne propose pas (de plus, le site gallica ne donne que des images peu lisibles des ouvrages numérisés) et un petit ouvrage publié au début du vingtième siècle par Arnold Van Gennep La Question d'Homère. Les poèmes homériques, l'archéologie et la poésie populaire, Mercure de France - Paris, que l’on peut considérer comme un précurseur de Milman Parry et du courant de l '" Oral Poetry ".
L’ensemble du site homerica a été revu et recomposé par Gilles Coullet pour une meilleure visibilité et une plus grande clarté de présentation. Les mots-clefs de différentes pages ont été indiqués par lui d’une manière mieux organisée. Du coup, le site a gagné aussi en notoriété : par exemple, une recherche sur le moteur de recherche Google donne homerica en première et en deuxième position pour une recherche sur " Homère ", alors qu’avant la refonte du site, nous arrivions loin derrière plusieurs sites " personnels " mieux indexés, et derrière la Bibliothèque universitaire de Grenoble qui a pris les noms " Homère " et " Odyssée " parce qu’à l’époque où la Bibliothèque se cherchait un nom, une exposition sur " Homère en France " avait lieu dans ses locaux.
Une Table ronde organisée en avril 2001 à la Maison des Sciences de l’Homme-Alpes nous a permis de fructueux échanges sur Homère et la musique, avec Christian Girbal, professeur de musique et musicologue, qui a reconstitué d’après les documents anciens des instruments de musique tels qu’ils pouvaient participer à des " performances " d’aèdes (lyres, flûtes etc.) et il en a fait la démonstration. Georg Danek et Stefan Hagel ont présenté, là encore avec applications concrètes, leur méthode de reconstitution d’une diction chantée de l’épopée homérique et leur analyse informatisée des vers homériques.
Le projet de colloque international prévu en novembre 2002, soumis en mai 2001 à l’European Science Foundation, a obtenu le soutien de cet organisme. Nous tiendrons évidemment les adhérents du Centre international d’études homériques au courant du programme dès que le comité scientifique aura effectué la sélection des communications (un premier dossier sera envoyé avant la fin novembre au comité scientifique).
En juin 2001, une partie de l’équipe homérique est allée à Stuttgart visiter la très belle exposition " Troia, Traum und Wirklichkeit ", visitant au retour le musée de l’Université de Tübingen dans le château de Hochtübingen.
Pour la bibliographie que vous pourrez trouver dans ce numéro, j’ai reçu beaucoup d’articles et de livres envoyés par les membres du centre international : je les remercie vivement, car cela me facilite considérablement la tâche. J’ai néanmoins dû compléter l’enquête par une visite à la bibliothèque de Lausanne, et un séjour au Triennial d’Oxford en juillet m’a été très utile pour cela. J’ai pourtant bien conscience que cette longue liste (arrêtée en octobre) n’est sûrement pas complète. Les ouvrages qui nous sont envoyés sont par ailleurs répertoriés dans le site homerica et dans la rubrique " Ouvrages reçus " régulièrement publiée dans Gaia. N’hésitez pas à nous signaler les oublis éventuels.
- D’autres projets sont à plus longue échéance :
Un arbre généalogique de la mythologie grecque a été réalisé sous forme d’un grand tableau cartonné par Denis Faure, chercheur en microbiologie, grenoblois jusqu’en 2001, parisien depuis juin 2001. Nous sommes à la recherche de moyens informatisés de représentation des liens familiaux complexes qui relient entre eux les membres de cette grande famille. Denis Faure pense pouvoir présenter l’amorce d’une réalisation au colloque de 2002 ou nous envoyer les résultats de ses recherches. Plusieurs informaticiens s’intéressent à cette recherche à Grenoble, en particulier dans le cadre de la Maison des Sciences de l’Homme-Alpes.
Grâce à l’acquisition par l’université Stendhal d’un matériel de numérisation nouveau très performant, nous pourrions réaliser des éditions numériques d’ouvrages épuisés tels que les thèses françaises de Milman Parry publiées en 1928, des ouvrages publiés en français par Heinrich Schliemann disponibles dans notre bibliothèque ou à la Bibliothèque inter universitaire ou des ouvrages plus anciens disponibles dans nos fonds (traduction de l’Iliade par Anne Dacier par exemple).
Le numéro 5 de Gaia est paru en juillet 2001 : il marque une évolution importante dans le nombre et la diversité des articles et surtout dans son internationalisation. Mais les problèmes techniques ont été importants et se sont soldés par diverses erreurs (titres courants erronés, sigles inversés, pages manquantes) dont nous espérons seulement qu’elles n’empêcheront pas les lecteurs d’apprécier le contenu du volume, et surtout qu’elles ne se reproduiront pas à l’avenir. Un errata a été envoyé à tous les destinataires, ceux qui ne l’auraient pas reçu peuvent nous en informer.
Mais le problème du secrétariat du centre homérique reste entier : après un an de travail pour nous, Christine Junius souhaite trouver un emploi à plein temps, ce qui est impossible à envisager pour nous du point de vue financier. Elle devait nous quitter début décembre, nous espérons trouver quelqu’un pour la remplacer, mais il faut d’abord que l’université nous accorde l’ouverture d’un nouveau contrat. En attendant, nous continuons d’assurer un secrétariat avec un paiement horaire sur le budget de l’association : vous comprenez pourquoi nous avons toujours besoin de vos cotisations, seul moyen pour nous d’assumer ce type de période de transition.
Pour ne pas rester sur une note pessimiste, voici une dernière information importante : nos institutions nous poussent à rendre notre " réseau international " plus visible et à le concrétiser par des conventions entre universités. Tous ceux d’entre vous qui seraient intéressés par une telle convention peuvent nous faire des propositions : cela pourrait par exemple permettre de demander des bourses doctorales ou post-doctorales pour contribuer à l’avancement des travaux collectifs, en particulier de la bibliographie.

Françoise Létoublon
Directrice du Centre d'études homériques

Mon adresse postale à l'université :

UFR de lettres
Université Stendhal
BP 25
F- 38040 Grenoble cedex 9

Adresse du Centre d'études homériques :
MSH-Alpes
D.U. Saint Martin d'Hères
1221 Avenue Centrale
BP 47
38040 Grenoble cedex 9