Editorial 2003

L’année 2002-2003 a été fertile en événements pour le Centre d’études homériques, avec la tenue d’un " atelier exploratoire " soutenu financièrement par la Fondation européenne de la science et le colloque international " Homère virtuel " que les instances régionales et municipales ont assez largement soutenu. Toutefois, nous comptions bien sur le renouvellement du plan quadriennal pour le programme homerica, tout en nous attendant à une diminution de nos crédits dans la conjoncture économique actuelle en France et le peu de cas que le gouvernement au pouvoir semble faire de la recherche scientifique. Mais nous n’avions nullement prévu que nos crédits seraient tout simplement supprimés, ce que nous avons appris en plein mois de juillet.
Notre secrétaire actuelle, Fabienne Dinale, a fait un travail considérable sur les nouvelles pages du site homerica et pour la correction des pages déjà en ligne, il est certain que le site a fait grâce à elle et grâce aux critiques constructives que nous avions eues de diverses sources (le comité scientifique du Pôle européen de Grenoble, l’ESF ou certains de nos partenaires) de grands progrès, nous avons de nouveaux chercheurs de grande qualité et le bilan d’ensemble des quatre années au cours desquelles le ministère de la recherche nous a apporté un soutien non négligeable est très positif. Les restrictions actuelles vont obliger Fabienne Dinale à changer de poste tout en restant dans l’université, ce dont nous pouvons nous réjouir pour elle. Mais nous n’aurons à nouveau plus de secrétariat régulier. Une secrétaire chargée de la recherche à l’UFR de lettres pourra probablement prendre en charge les mises à jour du site internet, mais seulement pour quelques heures par semaine, tandis que Fabienne avait un mi-temps, déjà insuffisant pour tout faire mais qu’elle savait rentabiliser au mieux. Nous l’avons déjà employée en plus en heures complémentaires payées sur le budget de l’association, et l’on peut espérer, si les cotisations " rentrent bien ", continuer à utiliser ses services de cette manière, pour la préparation et les envois du présent bulletin par exemple.
Il est clair que nous ne resterons pas passifs et présenterons de nouveaux projets aux institutions, en particulier dans le cadre du plan état-région, et qu’il n’est nullement interdit de penser que la situation redeviendra favorable.
Nous n’avons pas réussi jusqu’à présent à trouver les partenariats et les ressources financières nécessaires pour la conception d’une manière efficace de mettre en ligne la bibliographie homérique, mais nous ne désespérons pas, et continuons les recherches bibliographiques dans cette perspective. Si des étudiants-chercheurs dynamiques veulent bien y collaborer de manière bénévole (du moins tant que nous ne pouvons pas les rétribuer autrement qu’en leur prêtant les ouvrages dont ils ont besoin et le matériel dont nous disposons toujours à la Maison des sciences de l’homme de Grenoble), il serait possible de prendre contact avec des chercheurs de l’IMAG et de l’INRIA travaillant sur les bases de données et les dictionnaires en ligne.
Pour ce qui est du colloque de novembre dernier, tous les échos reçus montrent qu’il a été réussi tant du point de vue scientifique que du point de vue des échanges humains, toute l’équipe de Grenoble y a collaboré chaleureusement et là encore, nous avons pu constater le dévouement et l’efficacité de Fabienne, secondée par trois de nos étudiants de maîtrise. Nous avions demandé les articles pour le printemps, et dans l’ensemble, les contributeurs ont répondu dans les délais demandés. Le manuscrit a été déposé au service des revues en avril, et il va de soi que les articles arrivés plus tard ne pouvaient pas être inclus, nous en sommes désolés pour les auteurs retardataires, comme pour ceux qui ont contribué par une communication restée au stade oral, nous espérons pouvoir publier ces textes dans un numéro suivant. Par ailleurs, plusieurs auteurs qui avaient annoncé un article n’ont pas pu venir physiquement mais ont envoyé leur texte dans les délais imposés : ils ont donc été soumis comme les autres au jugement de notre comité scientifique, que nous remercions aussi de son aide précieuse. Donc Gaia 7 est actuellement au stade des premières épreuves, il sera probablement publié en octobre – novembre si le retour des épreuves se fait bien. Il se composera principalement des actes du colloque, avec une rubrique de comptes rendus qui a été un peu difficile pour moi avec le travail à faire sur le texte, plus important que d’habitude, mais j’ai pensé important pour notre crédibilité auprès des éditeurs et des auteurs qui nous envoient des livres de ne pas accumuler trop de retard –nous sommes loin de publier des comptes rendus rapidement comme des revues telles que le BMCR, mais cette rubrique semble appréciée de nos lecteurs, nombreux à nous dire que dans certains cas, ils apprennent par Gaia ou par Epea l’existence de travaux homériques dont ils n’avaient pas connaissance auparavant, y compris s’ils sont publiés dans leur langue et non en français.
Pour maintenir en vie Gaia, nous espérons garder le soutien du Centre national du livre, nous avons une subvention de la Région pour le numéro en cours et demanderons celui de la ville de Grenoble, car le conseiller municipal à la culture a prononcé au cours de la réception offerte par la Ville au musée de Grenoble une allocution extrêmement chaleureuse, et nous demanderons aussi à l’université une contribution au titre du " Bonus qualité recherche ". Sur le plan financier, le colloque et l’atelier de l’ESF ont été déficitaires, et le déficit est resté pour le moment à la charge de l’association, ce qui n’est pas tout à fait juste. Nous avons lancé début septembre un appel à la solidarité des participants pour que le budget de l’association se rétablisse et que nous puissions ainsi consacrer le budget apporté par vos cotisations à ses objectifs principaux, l’information et la diffusion du bulletin, sa fabrication proprement dite étant en général couverte par notre participation au GDR du CNRS fort bien géré à Nancy par le Professeur René Hodot, et aux petites dépenses liées au bureau que nous espérons garder à la Maison des sciences de l’homme.

Au total, il nous semble donc que nous n’avons pas démérité sur le plan scientifique, mais que les efforts faits pour davantage de visibilité et de qualité n’ont pas été appréciés comme cela avait été le cas précédemment. Il faut donc essayer de passer le cap difficile de l’année qui vient au moins. Nous ne sommes pas désespérés, mais modérément optimistes. Vos encouragements et vos envois (articles, ouvrages, cotisations…) seront donc appréciés plus que jamais.
Parmi les nouvelles personnelles attristantes, je fais part (mais beaucoup d’entre vous l’ont certainement appris déjà) de la perte ce printemps, à la suite d’une longue et éprouvante maladie, de Nicole Loraux, amie chère à un grand nombre d’entre vous.

Françoise Létoublon
Directrice du Centre d'études homériques

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UFR de lettres
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F- 38040 Grenoble cedex 9

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MSH-Alpes
D.U. Saint Martin d'Hères
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BP 47
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