Editorial 1997

L'année 1997 a été bien remplie pour le Centre d'études homériques : nous n'avons pas organisé de grandes rencontres, préférant concentrer nos efforts sur la nouvelle revue, GAIA, actuellement en cours d'impression et pour la diffusion de laquelle nous vous demandons votre aide (bulletin de commande joint à ce numéro avec des exemplaires que vous pouvez transmettre autour de vous, et envoyé en outre à de nombreuses institutions), sur le projet Homerica (CD Rom dans un avenir indéterminé, et d'ores et déjà mis en ligne sur le réseau internet) et dans le cadre du plan quadriennal des Universités en France, pour un projet de DEA-DES transfrontalier franco-suisse en collaboration avec l'Italie et les universités allemandes les plus proches, et une demande d'habilitation de l'équipe au CNRS.

Tous ces projets mobilisent beaucoup d'énergie et expliquent que nous ne puissions pas toujours répondre individuellement à tous vos messages, bien qu'avec l'aide de Sylvie Berthier, on s'y efforce autant que possible.

Nous avons pu obtenir pour 1996-98 deux bourses de recherche internationales (pour Thierry Liotard au TLG à Hambourg jusqu'en avril 1998, pour Martin Steinrueck accueilli en Rhône-Alpes de septembre 1996 au 31 juillet 1997) et à la rentrée 1997-98, le renouvellement pour un an du contrat d'emploi soloidarité de Sylvie Berthier (donc en deuxième année de secrétariat à mi-temps, son travail étant partagé avec les équipes Des Princes, dir. Isabelle Cogitore et Francis Goyet (organisation du colloque et séminaire sur l'Éloge en 97-98), et Ad Usum Delphini, dir. Catherine Volpilhac-Auger).

La bourse de recherche de Martin Steinrueck et le travail de Sylvie Berthier ont permis, parmi les travaux collectifs entrepris, d'achever (provisoirement au moins : vous pourrez nous apporter vos compléments) la tranche de quatre années de bibliographie homérique informatisée entreprise en 1992 (1991-1994, à paraître dans le numéro double 1-2 de GAIA), d'entreprendre de compléter la suite (de 1995 à 1997), de concevoir le projet Homerica et de commencer à le mettre en route sur le réseau internet.

Nous avons en avril 1997 bénéficié d'un kairos exceptionnel: Gérard Wagner, technicien spécialisé en informatique et multi-média, a été affecté à l'Université Stendhal tout en continuant à collaborer avec l'équipe informatique de l'Université Pierre Mendès France avec laquelle il travaillait antérieurement. La collaboration enthousiaste et efficace de Gérard Wagner et de Noëlle Vitry au projet Homerica a permis la mise en ligne des pages d'écran du site Homerica que vous êtes désormais invités à aller " visiter " par vous-même si vous disposez d'un accès au réseau internet (voir dans ce numéro d'Epea pteroenta p. 28). Ce fut une expérience mobilisatrice en temps et en énergie, mais à notre avis très fructueuse : pour nous en tout cas, cela a été l'occasion de réfléchir sur la manière de présenter la recherche dans un domaine comme celui des études homériques d'une manière très différente de ce que nous étions habitués à faire par le moyen de l'édition traditionnelle, et de lier les informations les unes aux autres. Bien sûr la réalisation actuelle n'est qu'une ébauche, à perfectionner et compléter dans les années à venir, et à vrai dire nous avons le sentiment que ce ne sera jamais fini : si nous osions imiter les mots d'Hector dans l'Iliade, nous pourrions prendre comme devise " un travail pour les générations futures ", ejssomevnoisi ejrgavsasqai ...

A notre sens, l'édition électronique ne remplacera pas l'édition-papier traditionnelle, indispensable pour l'expression construite et détaillée des recherches véritables, mais elle est utile pour présenter des masses d'informations impossibles à rassembler dans les livres matérialisés.

Le projet Homerica a été présenté à Grenoble (ordinateurs et panneaux explicatifs) à la manifestation destinée au grand public " La Science en fête " en octobre 1997, avec un succès inespéré. Enfants et adultes, chercheurs de toutes disciplines et simples curieux nous ont posé beaucoup de questions et semblent désireux de voir ce projet évoluer. Deux versions avec des éléments communs, l'une pour le grand public, l'autre pour les chercheurs, semblent souhaitables.

Deux membres de l'équipe Homerica, à défaut de visiter la Troie de Priam et d'Hector, se sont rendus à Tübingen pour le " Troiafest " (31 octobre 1997), et ont pu admirer le Musée de l'Université dans château de Hoch-Tübingen et la présentation des fouilles en cours par leur directeur, le Professeur Manfred Korfmann.

Les points positifs pour nos projets sont donc nombreux, mais on ne peut cependant terminer cet éditorial sans exprimer une pointe d'inquiétude : pour les études classiques en général et le grec en particulier, menacé en France une fois de plus par les politiques ministérielles mais peut-être encore plus par les préjugés ambiants sur la modernité et la technologie : l'un des buts du projet Homerica est de montrer, comme le projet Perseus nous en donné l'exemple, que l'objet archaïque de la recherche n'implique nullement un archaïsme des méthodes. Inquiétude aussi pour la fragilité de notre équipe, qui ne dispose actuellement que d'un emploi précaire et à temps partiel très limité pour le secrétariat et l'accueil, et n'a plus, depuis que Martin Steinrueck a quitté Grenoble pour une charge d'enseignement à Neuchâtel, personne pour continuer dans de bonnes conditions le travail de bibliographie.

Nous lançons donc un SOS : des chercheurs qui seraient intéressés par une bourse d'accueil à Grenoble (bourses accordées par la Région Rhône-Alpes pour des chercheurs étrangers accueillis à titre provisoire ou pour une longue durée), essentiellement pour continuer la bibliographie et participer à l'animation scientifique du Centre (séminaire, publication du bulletin et de la revue, conception des pages d'écran) tout en continuant leur recherche personnelle, peuvent nous soumettre leur candidature et leurs projets : les dossiers sont d'ordinaire à soumettre à la région pour le mois de mars pour une éventuelle bourse au cours de l'année universitaire qui suit.

Il va de soi qu'un important travail de coordination est nécessaire, et que la Région n'accorde de telle bourse qu'à des dossiers solidement préparés.

Inquiétude d'ordre financier enfin. Jusqu'à présent, nous avons diffusé largement le bulletin à toutes les personnes qui nous avaient manifesté leur intérêt, avec divers crédits venus de la Région, de l'A.T.U. et de l'Institut Universitaire de France. Ce dernier crédit est arrivé à échéance cette année, au moment où la revue Gaia est en cours de fabrication (coût prévu de 20 000 F environ). Pour que nos divers projets puissent continuer dans de bonnes conditions, il faudrait que les cotisations à l'Association des études homériques soient payées régulièrement, et que vous preniez un abonnement à la revue Gaia (des conditions spéciales sont prévus pour les adhérents du Centre et de l'Association) ou que vous puissiez faire s'abonner une institution (voir le bulletin d'adhésion de couleur jaune ci-joint).

Le premier numéro de la revue ne comportera que des articles rédigés en français, mais nous attendons que vous nous en fassiez envoyer d'autres qui manifesteront le caractère international prévu. La publication de la bibliographie homérique pour les années 1991-94 montre en tout cas notre volonté de travailler dans un cadre international.

Voici le sommaire du premier numéro (1-2, un peu plus de 230 pages) :

n°1
Articles :

  • NHDUMOS UPNOS par Michelle Lacore
  • Le mythe iliadique de Bellérophon par Teodoro Renno-Assunção
  • Remarques sur la notion de Mu par André auge
n°2
  • Bibliographie homérique des années 1991-1994, par Martin Steinrueck
  • Liste des ouvrages reçus (depuis 1995). Cette dernière rubrique n'est pas destinée à faire double-emploi avec la rubrique "Nouvelles publications" d'Epea Pteroenta. Elle vise plutôt à informer les lecteurs des envois faits à notre bibliothèque du Centre d'études homériques, ce qui permet une diffusion de l'information bibliographique beaucoup plus rapide et précise que si nous attendons de recevoir des catalogues d'éditeurs ou de libraires. Nous remercions encore une fois tous les homéristes qui nous ont fait parvenir leurs ouvrages ou articles, et nous ont permis ainsi d'alimenter cette rubrique