Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

CHRONOLOGIE DE LA GRECE ARCHAIQUE

Les historiens grecs connaissaient plusieurs systèmes chronologiques. L'un d'eux fonctionne par olympiades, c'est à dire un groupe de quatre années, à partir des premiers jeux olympiques que l'on place communément en 776 av. J.-C. Mais pour les événements remontant au-delà de cette date, le point de départ de la chronologie grecque - ce qui correspondrait pour nous à la naissance du Christ - est matérialisé par la guerre et la chute de Troie, un événement raconté par Homère. A partir de ce point de repère, les historiens comptent soit par générations, soit par années. Ainsi Thucydide place 80 ans après la chute de Troie l'arrivée des Doriens dans le Péloponnèse (I, 12). En croisant le témoignages des divers chronographes de l'antiquité qui calculent en fonction de générations de durée variable, on peut situer entre 1334 et 1135 av. J.-C. la chute de Troie - la date de 1184 étant la plus retenue- c'est-à-dire à la fin de l'Helladique récent III C selon les subdivisions chronologiques de la [période mycénienne] . Toujours selon Thucydide, avant la guerre de Troie qu'il considère comme la première grande entreprise commune des Grecs, on ne peut pas véritablement parler d'histoire des Grecs ; cette appréciation explique en quoi la prise de Troie a pu servir de point de départ pour le décompte des siècles chez les historiens grecs.

Aujourd'hui, les historiens de l'Antiquité ont besoin d'une chronologie plus affinée pour tenter une périodisation des premiers temps de la Grèce. Leur tâche est rendue difficile par l'absence d'inscriptions portant des éléments de datation, et surtout par l'absence de tout récit événementiel. Il n'y a aucune date chez Homère ou chez Hésiode, et il faut se contenter des informations générales contenues dans les premières pages de Thucydide (ce qu'on appelle "l'archéologie" de Thucydide, c'est-à-dire ses réflexions sur les temps primitifs de la Grèce). Longtemps d'ailleurs, les historiens ont appelé la période qui suit la disparition de la civilisation mycénienne les "Ages obscurs" de la Grèce ; aujourd'hui on évite cette expression car les progrès apportés par les découvertes archéologiques, sur le site d'Erétrie ou de Pithécusses par exemple, interdisent désormais une appréciation péjorative de ces périodes reculées. C'est précisément les vases découverts dans les tombes, et l'étude de l'évolution de leur décor géométrique, qui ont permis de fournir une grille chronologique pour ce qu'on appelle précisément la période géométrique qui a vu naître le retour de l'écriture, les premières formes urbaines, l'expansion des Grecs dans la Méditerranée, et les premières formes de composition des poèmes homériques, bref rien qui puisse justifier l'adjectif "obscur"!

Prise dans son acceptation la plus large (car certains spécialistes préfèrent limiter la période archaïque aux seuls VIIe et VIe siècles), la période archaïque, qui fait donc suite à la période mycénienne après des périodes intermédiaires de transition , se subdivise de la façon suivante :

  • période géométrique (IXe-VIIIe siècles), subdivisée en géométrique ancien, moyen et récent
  • période orientalisante (VIIe siècle) ou haut-archaïsme
  • archaïsme (VIe siècle). Pour cette dernière période, la chronologie est facilement accessible dans tous les manuels ou atlas.

Page réalisée par Jean-Luc Lamboley, Professeur d'Histoire et d'Archéologie des mondes anciens à l'Université Pierre Mendès France, Grenoble3, directeur du GDR Balkans, centre de recherche sur l'Antiquité et le Moyen-Age de l'aire balkanique.

La Grèce, de la période mycénienne à la période archaïque

La Grèce, de la période mycénienne à la période archaïque

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