Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

12 - Un ad usum scholarum marquant : Faesi.

La même année que Bekker2 a paru la troisième mouture de ce qui s'est avéré sans aucun doute la meilleure petite édition commentée de l'Iliade à l'usage des classes : Johann Ulrich Faesi (1796-1865), Homers Iliade. Erklärt von J. U. F., " Sammlung Griechischer und Lateinischer Schriftsteller mit deutschen Anmerkungen herausgegeben von M. Haupt und H. Sauppe ", Berlin, Weidmann, 1858, 2 tomes en 1 vol. in-12°, 444 et 445 pp. (pour l'Odyssée, je possède la 5e édition : Homers Odyssee. Erklärt von J. U. F. Funfte Auflage besorgt von W. C. Kayser, Berlin, Weidmann, 1867, 1869 et 1871, 3 tomes in-12° indépendants ou 1 vol. en 3 parties, [IV +] 257 + 223 + 212 pp.). Elle ne compte évidemment pour rien dans l'histoire de l'établissement du texte, hormis les cas, tout à fait exceptionnels, où Faesi s'autorise des notes critiques (bien conçues et souvent convaincantes, quoique un peu trop suivistes, sous le rapport en particulier des athétèses, vis-à-vis des Alexandrins en général et d'Aristarque en particulier) : le texte iliaque est emprunté, aux divergences près listées à la fin du tome II, pp. 438-445, à Bekker1, tandis que celui de l'Odyssée n'est pas spécifié, mais apparaît nettement plus proche de Bekker1 que de Wolf [1807]). Pourtant, si les fondements de l'interprétation sont inévitablement hors de date, cette édition sans prétention érudite n'est pas encore tout à fait dépourvue d'utilité, à la comparer à celles de Doederlein (commentaire latin peu original plaqué sur un texte wolfien) et surtout de Crusius (pas de commentaire propre, mais un montage d'extraits d'Eustathe et des scholies). Les débutants seront bien servis par la sobriété et la pénétration de ses introductions (Il., I, pp. 5-38 ; Od., I, pp. 1-39), et ceux des lecteurs qui avancent dans le texte grec trouveront dans les bas de page des rudiments grammaticaux et stylistiques de compréhension immédiate sensiblement supérieurs à ceux de Bothe, exprimés avec une élégante brièveté (contraster, pour ce qui tient au style, le phrasé beaucoup plus sec de Ameis et de Hentze). On regrettera toutefois que les vers répétés (iterati) ne soient pas indiqués plus systématiquement, et qu'il n'y ait pas davantage de notes spécifiques sur la morphologie homérique, comme celles qui rendent toujours profitable la fréquentation du commentaire scolaire de l'Iliade par La Roche (dont l'exceptionnelle compétence en matière de grammaire homérique était inégalée, même par un Monro ou un Van Leeuwen) et, surtout, sur la métrique (le point faible des éditions scolaires en général ; Ameis-Hentze auront du moins le mérite de spécifier les cas d'observance, et plus rarement de négligence, du digamma).

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