Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Notes de bas de page

1 Heyne, Homeri Carmina... (1802), III, pp. III-XXXV, fournit la description, équitable et balancée, des Editiones quae criticum usum habent cum lectionis uulgatae fortuna (s'arrête de facto à Villoison). Pour la suite chronologique de la bibliographie jusqu'à 1869, le catalogue descriptif le plus détaillé et le plus exact dans ses jugements, bien que parfois injuste en raison de la stratégie éditoriale systématique de l'éditeur, est celui de Pierron, L'Iliade d'Homère... (1869, 18832), I, pp. LXXIV-CXXXIII. (retour)

2 Par convention, et souci de probité, je fournis la pagination pour les seuls titres avec lesquels j'ai eu un commerce prolongé, c'est-à-dire ceux que je possède en propre. Les autres ouvrages ont été consultés, et empruntés quand c'était possible, soit à la Bibliothèque Nationale, soit dans diverses bibliothèques de France et d'Angleterre. Les précisions de format sont indicatives, mais les titres donnés sont complets. (retour)

3 Bien en cour auprès de Louis XVI, qui l'avait envoyé en Italie en 1778 et lui maintint sa faveur, le savant français, devenu importun dans les milieux académiques parisiens, avait préféré dédier son Iliade vénitienne à Gustave III de Suède, avec une emphase de compliments assez gênante. (retour)

4 Défaut propre à Villoison : la démesure de son Apollonius Sophista de 1773 (LXXXVIII + 966 pp. in-folio !), et son Longus de 1778, avec ses 312 pp. in-8° d'Animaduersiones, le confirment amplement. (retour)

5 Je suppose ici connues mes remarques dans la BMCR 2001.06.21, § III. 1. (retour)

6 Prolegomena, p. XXI : " etenim illud mihi unum propositum fuit praecipue ut textum Homeri ad normam eruditae antiquitatis emendarem atque eum uerbis, interpunctione, accentibus, propre talem exhiberem qualis ex recensionibus olim probatissimis refectus, si tantum sperare fas est, Longino alicui seu alii ueteri critico, qui copiis Alexandrinorum perite moderateque uti sciret, satis placiturus fuisse uideretur ". On notera combien la fin de la phrase, emphatique et vague, contraste avec la définition très nette et précise des tâches de l'éditeur proposée à l'incipit et atténue cette dernière. Il me semble que tout Wolf tient là, dans cette façon de retirer des formulations trop explicites qui eussent engagé notre homme. (retour)

7 Cf., e.g., J. A. Davison, " The Homeric Question ", in A. J. B. Wace & F. H. Stubbings (edd.), A Companion to Homer, Londres, Macmillan, 1963, pp. 245-247. (retour)

8 " It seems that it is methodically unsound to treat A (as editors since Wolf and Heyne have tended to do) as the most authoritative manuscript (...) " (Davison, " The Transmission of the Text ", in Wace & Stubbings, A Companion to Homer, p. 227). " Heyne est convaincu que la vulgate, sauf corrections, est le meilleur texte d'Homère " ; " ainsi Heyne est ce que nous nommons un conservateur ; il serait, chez nous, un de ces critiques qui gémissent encore du nouveau Pascal révélé par Cousin ou qui s'indignent qu'on les déloge, comme dirait Montaigne, de quelques-unes de leurs admirations sévignéennes " ; " en sa qualité de continuateur de Clarke et d'héritier d'Ernesti (...) il devait trouver détestable la vraie Iliade de Wolf, celle de 1794-1795, et ce qu'il dit du regret qu'il a de ne pas l'avoir à temps pour s'en servir n'est qu'un compliment sans portée " (Pierron, I, pp. XCVII, XCVIII, XCVIII-XCIX ; cf. CXXXVI-CXXXVII). Il semble que Pierron, et Sandys avec lui (History of Classical Scholarship, III, Cambridge, 1908, pp. 40-42), s'est fortement exagéré l'antagonisme de principes éditoriaux entre Wolf et Heyne.(retour)

9 Un jugement différent du mien et passant sur le digamma, mais globalement très positif, est porté par Wilamowitz dans sa Geschichte der Philologie, Stuttgart & Leipzig, Teubner, 1998 [1921], pp. 45-46. (retour)

10 Carmina Homerica, Ilias et Odyssea, a Rhapsodorum interpolationibus repurgata et in pristinam formam quatenus cognosci licuit redacta cum notis ac prolegomenis, quibus de eorum origine, auctore et aetate itemque de priscae linguae progressu et precoci maturitate, diligenter inquiritur, opera et studio R. P. N., Londres, Bulmer, 1808 (imprimé à compte d'auteur à 50 exemplaires). Un reprint peu connu a paru chez Hahn, à Leipzig, en 1816, sous le titre Prolegomena ad Homerum siue de carminum homericorum origine auctore et aetate itemque de priscae linguae progressu et precoci maturitate scripsit R. P. K. Eq. rursus excudi iussit et paucula praefatus est D. Fr. Ern. Ruhkopf director Lycei Hannouerani, VI + 194 pp. C'est dans ce dernier ouvrage que l'on consulte le plus commodément la doctrine knightienne (retour)

11 Dont l'effort est courtoisement mais nettement évalué : " Knightius unus digamma in textu exhibuit ; tot tamen alia nouauit, ut admodum iniucunda fiat lectio. Digamma insuper, ut consonantem, modo simplicem, modo duplicem, modo nullam, adhibuit " (Préface, p. VI ; suit la phrase sur Heyne). (retour)

12 La note ad locum (I, p. 175) accroît même encore davantage la perplexité du lecteur : " Fmeilinon, fraxineam : a Fmelih. Nusquam digamma aut postulat, aut reiicit, et nusquam primam corripit ". (retour)

13 L'ouvrage d'ensemble le plus récent et personnel qui fût disponible était encore l'édition bilingue annotée de Jean-Baptiste Dugas-Montbel (1776-1834) précédée par l'Histoire des Poésies homériques (Didot, 1828-1833), et ses trois volumes d'Observations sur le texte de l'Iliade et de l'Odyssée (1829-1833) : compilation consciencieuse et enthousiaste de Heyne et de Wolf, par un demi savant doublé d'un homme de goût (comparer le Nonnos du comte de Marcellus), mais sans prétentions à une érudition originale. Une appréciation de la situation sans pitié, et pourtant juste, est fournée par la correspondance de Flaubert pour l'année 1852 : " c'est pour paraître savant qu'il [Musset] disait : 'Je lis Homère comme Racine'. Il n'y a pas à Paris vingt personnes qui en soient capables, et de ceux qui en font leur métier. Mais, quand on s'adresse à des gens qui n'ont jamais étudié le susdit Grec, on vous croit ". (retour)

14 Dindorf éditeur est coutumier de flottements de ce type : son édition de Sophocle (Oxford, 1860), tout en proclamant la précellence du Laurentianus XXXII-9, seul témoin original de la tradition (cf. vol. VIII, p. VI ; rappelons que le Laurentianus ne lui était connu que par une collation de Dübner), ne transige pas moins à maintes et maintes reprises, non seulement avec les leçons de ces manuscrits plus récents auquel il dénie en principe toute autorité puisque leurs copistes ont fait œuvre philologique, mais adopte de ces sources adultérées des leçons qui ne sauraient pas même passer pour des conjectures heureuses. Voir les remarques très justes d'édouard Tournier, Les Tragédies de Sophocle. Texte grec publié d'après les travaux les plus récents de la philologie (...), Paris, Hachette, 1867, p. VI. (retour)

15 " Dindorf never was, and possibly could not be, a reliable editor ; it is difficult to understand how, on top of his other activities, he managed to read all the texts, from Homer to Eusebius (...), which he edited. But he did read them ; and as he was a very able man and one who really knew Greek, he will surprise us every now and then, in the midst of the most unbelievable carelessness, by a brilliant observation or a convincing suggestion " (Eduard Fraenkel, Aeschylus Agamemnon, I, p. 53). Pour un exemple frappant des erreurs de collation chez Dindorf, cf. R. D. Dawe, The Collation and Investigation of Manuscripts of Aeschylus, Cambridge, 1964, p. 20, note. (retour)

16 Cette présentation, d'un usage assez malcommode, était alors en vogue pour les recensions savantes : cf. les Euripidis Tragoediae ex recensione Adolphi Kirchhoffii, Berlin, Reimer, 1855, 2 vol. in-8° (apparat en I, pp. 371-562, et II, pp. 411-528). La seconde édition Kirchhoff (Euripidis Fabulae recognouit A. K., Berlin & Leipzig, Weidmann, 1867-1868, 3 vol. in-8°) comportera un apparat réduit en pied de page. (retour)

17 La justification de Bekker dans sa Préface, p. IV haut, est aussi vague que dogmatique : " primum igitur uersus spurios aliquam multos notaui, eos duntaxat quibus exemptis poetae uel oratio lenius profluere uel narratio aptius continuari uideretur. Ita enim profecto res se habet ut, tametsi frustra fuerit si quis ullo sibi casu speret posse contingere ut horum carminum aut compagem prima ab origine laxam adstringat aut partes iam usque a Pisistrati memoria luxatas in locum reponat (comment peut-il en être certain ?), tamen saepenumero accidat ut cum utile sit tum ne difficile quidem a_ma/rh† e_c eãxmata ba/llein ". (retour)

18 Essentiellement ceux induits par les études, toujours non remplacées à l'heure actuelle, d'O. V. Knös (1838-1907 : De digammo Homerico quaestiones, Uppasala, Edquist & Berglund, 1872-1878, 3 tomes en 1 vol. de 373 pp.), et de Wilhelm Hartel (1839-1902 : Homerische Studien. Beiträge zur homerischen Prosodie und Metrik, I, Sitz. d. öster. Akad. d . Wiss. 68, 1864 — calcule le ratio de l'observance et de la négligence du digamma initial prévocalique), dont les résultats ont été amplifiés dans l'Enchiridium Dictionis Epicae de Van Leeuwen, §§ 40-43 (1892, pp. 131-178 ; 1918, pp. 116-151). (retour)

19 Contraster les conclusions de l'enquête menée par Meillet " Sur une édition linguistique d'Homère " (R.E.G. 21, 1918, pp. 277-314) : un texte conçu du point de vue des Pela†gikaì gra/mmata devrait, aux onciales et à la scriptura continua près, omettre l'héta et l'omega, ignorer les fausses diphtongues ei et ou ainsi que le redoublement des consonnes, maintenir les voyelles élidées et faire un usage libéral du digamma, sans compter de nombreux, et toujours périlleux, changements dialectaux à rebours. (retour)

20 Le jugement porté par Frédéric Plessis sur l'édition de Properce par Paley (études critiques sur le texte de Properce et ses élégies, Paris, Hachette, 1884, pp. 83-84), montre assez que ce type de défectuosités est ordinaire au savant anglais : " elle est convenable dans l'ensemble, mais faible sur beaucoup de points. L'auteur manque parfois de sens critique (...). De plus, il n'est averti qu'à moitié : il ne paraît pas avoir connaissance de travaux qu'il n'est guère permis à un éditeur de Properce d'ignorer ou de négliger (...). Il dit (...) qu'il n'a pas eu entre les mains l'édition de Rossbach ; je le crois sans peine, cette édition n'ayant jamais existé. Rossbach a publié les textes de Catulle (...) et de Tibulle (...) dans la collection Teubner ; mais c'est Keil qui fut chargé du texte de Properce correspondant. Ces sortes d'erreurs trahissent de suite une information insuffisante ". Ne commente pas pas 'Homère', ou un auteur ancien, qui veut. (retour)

21 Dans la même collection et également non représentée à la B.N., l'OMHROU ODUSSEIA. L'Odyssée d'Homère. Texte grec revu et corrigé d'après les diorthoses alexandrines, accompagné d'un commentaire critique et explicatif, précédé d'une introduction et suivi de la Batrachomyomachie, des Hymnes homériques, etc., 1875, 2 vol gr. in-8°, est de valeur sensiblement moindre : la très médiocre qualité et la faible valeur informative des scholies rendent aléatoire la mise en valeur de la documentation alexandrine. (retour)

22 Remarquons pour finir que Nauck est l'auteur d'un jugement que l'on retrouve souvent, paraphrasé ou adapté, dans la littérature postérieure (Homeri Odyssea, I, p. X, note 2) : " tam superstitiose Aristarcho addicti erant ueteres quidam grammatici, ut ne eos quidem quos agnouissent eius errores audarent corrigere, sed mallent ineptire cum Aristarcho quam minus illustres sequi grammaticos uera dicentes ". (retour)

Nouveauté

Vous pouvez visiter le journal d'actualités : http://homerica.msh-alpes.fr/wordpress/.

Nous contacter

Programme HOMERICA MSH-Alpes BP 47 F- 38040 Grenoble cedex 9

E-mails : homerica@grenoble3.fr Francoise.Letoublon@grenoble3.fr

Site hébergé par http://www.msh-alpes.fr - @homerica - Evolution du site par l'Association Champollion (2011) - Affichage adapté sous Firefox 4