Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Que faire de la cruche cassée?

Rares sont les vases parvenus authentiquement intacts jusque sur les étagères des musées. Le plus souvent, avant de les présenter au public, il a fallu les nettoyer, les recoller, les restaurer, voire les démonter à nouveau pour éliminer les restaurations considérées, de nos jours, comme abusives.
A côté des beaux spécimens qui méritent d'être exposés, il existe encore, dans les réserves des musées, des quantités de vases brisés, de morceaux de poteries qui stimulent la curiosité des archéologues et des conservateurs. De belles expositions, comme celle de Bâle en 1991 (Der zerbrochen Krug) ou celle qui est présentée actuellement à Athènes depuis 1999 et pour quelques semaines encore (la ville sous la ville) témoignent de l'intérêt que peuvent présenter ces tessons - témoins d'une époque, d'une région, d'un style, d'une technique, d'une légende - pour le grand public, scolaire ou non.

Stamnos attique à figures rouges (fragments) attribué au peintre de Pan


Fig 1
F Comment lire ces pauvres tessons, aux décors disloqués?
Sur les figures 2 et 3, la place du décor figuré par rapport à la courbure de la paroi donne la forme du vase, proche de celle d'un stamnos.
La frise de méandres observée sur la figure 2 se prolonge sur la figure 3, ce qui permet de rattacher les bras posés à terre, dessinés en 3, au corps qui gît en 2 sous des éléments de mobilier, apparemment une table d'où pendent des languettes de viande, et un lit avec des coussins.
A droite de ces bras, une palmette doit faire partie du motif ornemental qui, d'habitude, marque la ligne de partage entre les faces A et B des grands vases ; la palmette est prolongée par un rinceau qui s'étire vers la gauche, et se retrouve, sur la figure 1, derrière un visage vu de profil vers la gauche et par conséquent doit faire partie du décor de la face A.


Fig 2

Fig 3


Interprétation de la face A

Plus facile qu'il n'y paraît, l'identification est possible grâce :
- aux restes d'une inscription, non visible sur le cliché : TOR, les trois dernières lettres grecques du nom d'Hector,
- à la comparaison avec de nombreux exemples, clairement identifiés, du même schéma iconographique (voir ici même le skyphos de Vienne, in "Autour de l'Iliade", Paris, Louvre, G153)
- et par le rapprochement avec un passage très connu de l'Iliade (chant XXIV)

Bibliographie

ARV 2 552, 22
LINC, s.v. Achilleus 657

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