Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Hydrie attique

Hydrie attique à figures noires attribuée au Peintre d'Archippé. Vers 550 av. J.- C.


Paris, Louvre, E 869 ©
RMN R.G. Ojeda
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Paris, Louvre, E 869 ©
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Description

En dessous du décor animalier de l'épaule , la scène mythologique occupe un large emplacement de la face antérieure, entre les deux anses latérales.

Le tableau est limité sur ses trois côtés par des bandeaux décoratifs, et sur la partie inférieure, par un simple trait qui sert de ligne de sol.

Des cinq personnages représentés debout, quatre sont désignés par des inscriptions. De gauche à droite :

Ulysse (Oluteus), en armes (casque, lance, grand bouclier rond, cnémides) amorce un mouvement vers la gauche.

Achille (Achileus), vers la droite, nu, une pique dans la main droite, élève dans sa main gauche une couronne que lui présente Thétis, sa mère.
Celle-ci tient aussi, de la main gauche, un bouclier échancré


Elle est suivie par Pontia et par une autre jeune fille semblable, non nommée.
Ces deux Néréides (sœurs de Thétis) tiennent, l'une un plastron de cuirasse et un aryballe, l'autre un casque et des cnémides; les trois femmes sont vêtues du long péplos ceinturé; celle de droite porte en outre un himation court sur ses épaules.

Identification et commentaire

Aucune indication topographique ne précise le lieu de l'action. Cependant, les noms de la plupart des personnages renvoient à la mythologie homérique et l'importance donnée aux armes fait signe du côté de l'Iliade et de la guerre de Troie. Peut-on préciser ?
Le mouvement de départ amorcé par Ulysse, qui s'éloigne du groupe central, rappele un passage du chant XI de l'Iliade, où nous apprenons que Ulysse était venu lui-même chez le père d'Achille pour recruter le héros et son ami Patrocle (vers 767 sqq.).
Sur l'image, nous sommes donc à Phthie, au moment du départ d'Achille pour la guerre de Troie.


Paris, Louvre, E 869 © RMN R.G. Ojeda
Certes, l'image diffère sensiblement du texte homérique (que le peintre ne connaissait peut-être même pas dans le détail); on note en particulier la présence de Thétis et de ses sœurs, et l'absence des pères de Patrocle et d'Achille qui sont bien présents dans le texte.
Mais la mise en scène choisie par le peintre dépasse le niveau d'une simple illustration anecdotique : plus que le seul " armement d'Achille ", elle dit le statut héroïque du guerrier. Comment ?
Plusieurs signes iconiques sont considérés par les archéologues comme des indicateurs d'un statut héroïque : la nudité, le bouclier échancré. La couronne exprime la gloire, les armes le combat. La couronne et les armes sont portées, solennellement, en ostension, par les femmes en procession; la couronne et le bouclier sont disposés en axe vertical juste au-dessus de l'inscription du nom d'Achille.

Paris, Louvre, E 869 © RMN R.G. Ojeda
Le geste délibéré d'Achille, qui tient fermement la couronne rappelle que la mort au combat est le destin qu'il a choisi lui-même. Notre image se présente comme une variante d'une tradition bien connue: Achille avait eu à choisir entre deux destinées: une vie longue et sans gloire ou une vie brève et la gloire de la mort héroïque.
Cependant, sur l'image, le héros n'a pas les apparences de la jeunesse; il est représenté comme un homme, barbu, dans la force de l'âge, comme si la mort glorieuse allait faire de lui, non pas un héros jeune éternellement, mais un " homme accompli ".

Textes de référence

Iliade, IX, 410-416; XI, 767 sq.

Bibliographie

ABV, 106. 2.
LIMC, s.v. Achilleus 200 *.
Touchefeu 2000, p. 46-47 (en couleur).

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