Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Œnochoé attique

Œnochoé attique à figures noires Haut. (sans l'anse) : 17,9 cm. Vers 500 av. J.-C. Attribuée au peintre de Thésée.

Description, identification

Le décor figuré se déploie sur la panse d'une oenochoe, en deux scènes entrecroisées. A gauche, un homme (barbu, petit bonnet, tunique courte, plissée sur le devant, épée au fourreau) se penche vers la gauche au-dessus d'un brasier fumant dans lequel il maintient, à deux mains, un long bâton.


Paris, Louvre, F 342 © RMN, Photo Chuzeville.
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Derrière lui, deux hommes, en marche vers la droite, côte à côte, portent ensemble, à deux mains, un pieu semblable, pointé vers le visage d'un quatrième personnage; celui-ci est un géant installé sur des rochers dans une attitude de repos, le buste légèrement redressé; la main droite maintient le genou droit replié, la jambe gauche est complètement allongée; une massue repose dans le creux du bras gauche.

Texte de référence, éléments de commentaire

Que le texte homérique ait directement ou non inspiré le peintre, c'est un passage précis de l'Odyssée qui permet l'identification de la scène figurée.

Au chant IX, Homère décrit minutieusement l'Aveuglement du Cyclope (IX, 375 sqq) : une fois Polyphème endormi, Ulysse reprend le pieu d'olivier qu'il avait minutieusement préparé, en fait une deuxième fois chauffer l'extrémité, et ses compagnons le fichent dans l'œil du géant tandis qu'Ulysse appuie dessus en le faisant tourner.

Dans le détail, cependant, le texte ne suffit pas à expliquer un certain nombre d'éléments, comme l'aspect physique de Polyphème dont la barbe et la chevelure sont aussi soignées que celles des Grecs ; l 'œil (déjà aveuglé ? ou endormi ?), visible sur le côté gauche du visage peut laisser supposer l'existence d'un deuxième œil à droite. Et que dire de la caverne du géant ? On voit bien le rocher aux rehauts blancs sur lequel Polyphème est étendu et qui évoque la nature sauvage; les rameaux stylisés accompagnent le plus souvent une scène d'extérieur ; ici, formant comme une voûte, ils suggèrent l'espace de la grotte, mais leur fonction est plutôt esthétique : ils évitent un grand vide dans le champ pictural.

On peut s'intéresser à la construction de l'image : la décomposition, en deux scènes entrecroisées, d'un épisode unique permet : 1) de suivre, de gauche à droite, le déroulement du récit. 2) de repérer le fort contraste qui opppose la vive agitation des Grecs au calme de Polyphème. 3) et de noter la maîtrise avec laquelle le peintre passe d'une scène à l'autre par un jeu de lignes droites enchevêtrées et de plans qui se superposent.

Bibliographie

Touchefeu, Thèmes, n°11, pl.V, 3. (dessin déroulé).
LIMC, s.v., Kyklops, Kyklopes 18 * (vue partielle).
Buitron, n°10, p.44-45 et p.63-64.
Ulisse, p.48 (deux clichés en couleurs).

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