Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Les Tableaux tirés de l'Iliade - LIVRE IXX

I - TABLEAU : Le lieu de la scène est le même que celui du Tableau IX du livre précédent ; c'est à dire, que Thétis arrive dans la tente d'Achille, mais l'action en est différente.

Ce héros est, il est vrai, accompagné de plusieurs Thessaliens autour du corps de Patrocle, occupé de la douleur que sa mort lui cause ; mais Thétis lui donne les armes que Vulcain a forgées. Il ne serait pas naturel de les faire porter par la déesse, quoiqu'il fut possible que telle ait été l'idée d'Homère. Comme il n'est entré dans aucun détail sur ce fait, on pourrait faire suivre la déesse par des Nymphes, qui, chargées chacune d'une pièce de ces armes, produiraient un spectacle riche et agréable. Au reste, le lever de l'aurore est l'instant donné pour ce tableau : Homère n'oublie rien ; il est attentif à tout ; il rapporte les soins de Thétis pour conserver quelques jours de plus le corps de Patrocle. Ces soins peuvent s'exprimer en peinture par la façon claire et active dont le poète les a décrits ; mais l'objet, en lui-même, ne serait point agréable ; d'ailleurs, ce détail est peut nécessaire, et je me contente de l'indiquer.


II - TABLEAU : Ulysse à la tête de plusieurs soldats chargés de trépieds et de cuvettes, suivis par des chevaux portant des talens ou des lingots d'or : Bryséïs à la tête de sept autres captives, ferme la marche.

Cette description suffit, ce me semble, pour rappeler à l'artiste les objets qui doivent entrer dans sa composition. Le sacrifice est prêt : Ulysse est arrivé : Agamemnon les yeux levés au soleil, tenant son poignard, fait voir qu'il prononce un serment, Achille et une grande quantité de guerriers sont présents ; la victime est préparée et tenue par les prêtres ; elle est à la volonté de l'artiste, car Homère ne la désigne point, et je préférerais le serment à la cérémonie du sacrifice. Nous avons déjà quelques tableaux de ce genre, et celui que je propose présenterait cette variété ; il est cependant vrai que l'un était lié avec l'autre.


III - TABLEAU : Achille armé des armes magnifiques de Vulcain.

Cette magnificence est à la volonté de l'artiste ; il suffit que l'aigrette du casque soit d'or et flottante, et qu'il tienne une forte pique. Il est sur son char, un peu en arrière de celui qui tient les rênes : un de ses chevaux, auquel le héros doit avoir l'air de parler, tourne la tête ; les crins de son col recourbé tombent le long du joug et traînent à terre. L'éclat et le brillant d'Achille, sa fierté, mêlée d'une sorte d'étonnement causé par les paroles que son cheval prononce, et la mort qu'il lui annonce, doivent être l'attention principale de l'artiste lorsqu'il voudra traiter ce beau sujet. Je sais que des objets pareils ne se peuvent exprimer complètement, et qu'on aurait tort de l'exiger ; mais comme la pensée fait tout dans la peinture, je demande qu'un artiste soit occupé dans cette composition des idées d'Homère ; alors celui que ce grand homme à échauffé, sentira l'exactitude de la composition ; les traits ressentis se présenteront à lui ; et plus l'artiste aura rappelé les idées de l'auteur, plus il recevra d'éloges du spectateur.

Nouveauté

Vous pouvez visiter le journal d'actualités : http://homerica.msh-alpes/wordpress

Site hébergé par http://www.msh-alpes.fr - @homerica - Evolution du site par l'Association Champollion (2011) - Affichage adapté sous Firefox 4