Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Les Tableaux tirés de l'Iliade - LIVRE III

I - TABLEAU : Iris sous la figure d'une belle femme, aborde Hélène qui brode un voile.
Ce tableau dont l'action n'est pas fort animée, peut être intéressant par la beauté des objets et la magnificence de la broderie d'Hélène. On peut introduire dans cet ouvrage des combattants, des armées, etc., c'est l'idée que nous en donne Homère, et cette idée est heureuse pour la peinture. II - TABLEAU : Hélène couverte d'un voile blanc, paraît au milieu de plusieurs vieillards, au nombre desquels est Priam, distingué par les marques de la royauté.

L'artiste doit s'attacher à faire sentir le triomphe de la beauté par l'avidité des regards, et par tous les témoignages d'admiration marquée sur le visage de ces hommes glacés par l'âge. La scène se passe sur le haut d'une des portes de la ville. Je crois que le fond du tableau établi sur le ciel, sera plus heureux que sur les bâtiments de la ville ; il sera du moins plus hardi, mais l'un et aussi convenable que l'autre.

III - TABLEAU : Hélène assise aux côtés de Priam, lui nomme les principaux de l'armée des Grecs.
L'adresse et le génie d'Homère paraissent dans la manière dont il a introduit cette scène ; son art est si justement établi sur la nature, qu'il rend presque tout possible en peinture. En effet, Hélène et Priam étaient placés sur une des portes de la ville, comme on l'a vu dans le tableau précédent ; et si l'on veut varier le lieu de la scène, il est aisé de supposer qu'ils ont fait quelques pas, et qu'ils sont venus sur une plate-forme, sur laquelle les deux personnages se découvrent dans leur entier ; et supposant œil du spectateur placé entre la porte et la campagne, Hélène pourra voir et nommer plusieurs généraux détachés en avant du corps de l'armée des Grecs ; et si l'artiste représente, comme il le doit, cette porte sur le premier plan de son tableau, les deux figures pourront faire encore mieux sentir l'objet dont elles sont occupées, c'est à dire, qu'Hélène parle en montrant du doigt, et que Priam l'écoute.

IV - TABLEAU : Le sacrifice au milieu des deux armées.
L'art du peintre lui fournira sans peine le moyen d'indiquer la multitude armée, qui de chaque côté est attentive à la cérémonie : les rois autour de l'autel ; le char que Priam vient de quitter ; l'autel, les trois agneaux, la variété des expressions, et la richesse des armes ; tout concourt à la beauté du sujet. Par rapport aux costumes, il faut représenter avec exactitude les armes de Pâris, des cuissards bien travaillés, qui s'attachent avec des agrafes d'argent, la cuirasse, le baudrier qui portait l'épée, un grand bouclier, un casque au haut duquel il y avait pour aigrette une queue de cheval ; enfin un fort javelot.

V - TABLEAU : Vénus dérobe Pâris à la vengeance de Ménélas.
Cet instant peut, à mon sens, être très bien rendu, si l'artiste ne veut rien oublier de la description d'Homère. Ménélas furieux, le casque en tête, la lance à la main, son épée brisée à ses pieds, ne voit plus devant lui qu'un nuage que Vénus présente pour se donner le temps d'enlever Pâris : ce nuage libre du côté du spectateur, permet de voir la beauté de Pâris dans tout son entier ; car il doit être sans casque ; et comme il est dans les bras de Vénus, ce groupe fournit à l'artiste l'occasion de peindre ce que la nature peut présenter de plus beau dans les deux sexes. L'intérêt de l'action est encore augmenté par le contraste de Ménélas et celui des deux armées, combattantes avec plus d'animosité, et qu'on ne fait cependant qu'entrevoir.

VI - TABLEAU : Vénus sous la figure d'une vieille, donne le bras à Hélène et la fait sortir de la chambre où elle l'a trouvée.
L'opposition de vieillesse et de la beauté produit un effet assuré, en même temps que le spectacle de toutes les femmes Troyennes, qui travaillent à différents ouvrages dans cette chambre plus éloignées, enrichit le second plan par un jour différent et par des objets variés.

VII - TABLEAU : Hélène, Vénus et Pâris.
Homère nous peint avec sa justesse et sa précision ordinaire, Hélène, Vénus et Pâris. La peinture ne peut rendre la finesse des discours convenables aux caractères qu'il leur fait tenir, mais elle peut présenter Hélène et Pâris assis à côté l'un de l'autre, indiquer que Vénus fait prendre cette place à la femme de Ménélas, mettre tous les désirs possibles dans les yeux de Pâris, et l'indignation dans ceux qui les font naître, remplir la chambre de vases fumant et répandant des parfums, et surtout ne pas oublier que la chambre où la scène se passe, communique encore à une autre dont la porte ouverte permet de voir un lit nécessaire au raccommodement. Homère se contente de l'indiquer avec la plus grande modestie, et la composition traitée, comme je viens de le dire, suit exactement son idée.

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