Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Les Tableaux tirés de l'Iliade - LIVRE VI

I - TABLEAU : Diomède et Glaucus font un échange de leurs armes, au milieu du combat.

Cette action facile à traiter en peinture, ne doit point être négligée, non seulement par rapport au texte d'Homère, mais par rapport aux usages des anciens, que les artistes ne peuvent trop s'attacher à conserver. La conduite de ces deux guerriers exprime la manière dont on pouvait, sans déshonneur, s'écarter de la bataille ; elle autorise par conséquent le tête-à-tête et les conversations particulières que les modernes ont voulu et veulent encore tourner en ridicule. Les deux chars attachés groupent heureusement dans la composition dont il s'agit : le changement ou du casque ou du bouclier, suffirait pour marquer la principale action de ce sujet.


II - TABLEAU : La reine Hécube accourt pour embrasser son fils Hector.

Les alarmes doivent être exprimées sur son visage, d'autant plus qu'elle est mère : cette vieille princesse doit être représentée avec noblesse ; sa naissance et son état exigent cette attention. La situation d'Hector demande que ses mouvements soient animés ; ces deux positions forment un beau contraste. Hécube était reine ; on peut la caractériser par une couronne. Cette composition, simple en elle-même, est embellie par le lieu de la scène ; elle se passe dans la cour du palais de Priam ; ce que l'architecture a de plus riche peut être employé. Il est impossible de donner dans ce tableau une idée de 50 beaux pavillons qui précédaient l'entrée de ce palais, et dans lesquels les fils de ce roi étaient logés avec leurs femmes ; mais l'artiste doit en être instruit pour se persuader qu'il peut représenter dans la façade et les autres parties du bâtiment, les objets les plus magnifiques de plan et d'élévation.


III - TABLEAU : Hécube dans un cabinet doré richement

Et dans lequel il ne faut point oublier les cassolettes fumantes, fait choix du plus beau de ses tapis pour le présenter à Minerve ; des femmes occupées à les déployer ainsi qu'à les reployer, fournissent un tableau agréablement varié : indépendamment du mérite de ce sujet, il est intimement lié à l'action.


IV - TABLEAU : L'intérieur du temple de Minerve présente une foule de Troyennes

Dont les gestes et les bras élevés indiquent les prières à la déesse, et par conséquent le malheur de leur situation. Cette foule est la suite de la reine Hécube, qui présente le tapis à Theano la prêtresse. Je préférerais cet instant à celui de placer ce même tapis sur les genoux de la figure. Dans la première disposition, la statue demeure découverte, et la prêtresse laisse un intervalle entre elle et cette même statue. Dans la seconde, elle est obligée de monter pour la parer du tapis ; cette action cache non seulement plusieurs parties d'une figure qu'Homère nous dit être assise, mais elle exige encore des attitudes basses et ignobles. Il me semble qu'en ce cas l'offrande suffit pour indiquer l'usage qu'on doit en faire ; de plus, cet usage peu important en lui-même, est indiqué par Homère, dont je suppose que le poème est présent à l'esprit, ou plutôt dont on tient le livre en considérant la suite de ces tableaux.


V - TABLEAU : Hector avec des yeux qu'allume le feu de la colère et de l'indignation, fait des reproches à Pâris

Qu'il trouve dans son palais visitant ses armes, tandis qu'Hélène travaille environnée de ses femmes. Le contraste des occupations du mari et de la femme, est heureux pour la peinture ; mais il rappelle finement combien celle de Pâris est déplacée dans le temps des combats dont la ville de Troie est environnée. Le courroux d'Hector armé, présente une opposition d'autant plus belle, que le sujet s'y trouve renfermé. Je crois que pour exprimer l'action de Pâris, ses armes doivent être attachées contre le mur, et le prince les doit considérer les bras croisés.


VI - TABLEAU : Hector, Andromaque, la nourrice qui porte Astianax.

Le tableau d'Hector, d'Andromaque, de la nourrice qui porte Astianax, est simple et rempli d'intérêt ; le lieu de la scène au bas du mur d'une place de guerre, le rend encore plus touchant. L'artiste doit lire les propres paroles d'Homère pour s'affecter davantage d'un sujet qu'il a décrit fort légèrement, mais suffisamment ; car Homère a senti plus qu'un autre les différences que l'on doit apporter dans la touche, et les nuances sont aussi nécessaires au peintre qu'au poète ; leur principe est également fondé sur la nature, source commune où les poètes et les peintres doivent puiser.


VII - TABLEAU : L'adieu d'Hector.

La douleur tendre du mari et de la femme variée selon le sexe et le caractère ; l'effroi de l'enfant à la vue du panache, produisent une composition traitée déjà plus d'une fois ; elle méritera toujours l'attention des peintres : un sujet dont les sentiments sont justes et bien placés, ne peuvent être trop souvent entrepris ; mais il est absolument nécessaire dans cette suite.


VIII - TABLEAU : Andromaque au milieu des femmes éplorées devant leurs ouvrages.

Cette princesse en pleurs elle-même. Ces objets présentent une suite de l'action précédente, et fournissent un de ces tableaux touchants par les objets, et plus encore par les idées qu'ils rappellent ; ces impressions sont dans le coeur ; et ce qui les réveille ou ce qui les fait naître, est toujours d'un succès assuré dans tous les arts.


IX _ TABLEAU : Hector et Pâris sortant de la ville pour aller au combat.

On pourrait peindre Hector et Pâris sortant de la ville pour aller au combat ; leur démarche doit être fière et animée. Pâris plus jeune qu'Hector, est aussi plus léger. Les murailles de la ville serviraient de fond à ces deux figures ; cette bâtisse n'occuperait qu'une partie de ce même fond ; les paysages, les combattants enrichiraient l'horizon, et serviraient en même temps à indiquer l'objet de la marche des deux guerriers.

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