Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Les Tableaux tirés de l'Iliade - LIVRE VIII

I - TABLEAU : Jupiter sur son trône, placé sur le plus haut de l'Olympe, environné des dieux.

On peut voir la terre au-dessous des nuages et caractériser l'aurore. Cette opposition d'une lumière sourde avec la lumière supérieure, peut être avantageuse à la peinture ; mais pour remplir les idées du texte et le suivre jusque dans la fiction, je ferais pendre de l'Olympe la chaîne d'or que Jupiter emploie pour comparer son pouvoir à celui des autres dieux ; je crois que cette idée, dont l'exécution est neuve en peinture, ferait honneur à l'artiste ; elle servirait à caractériser incontestablement ce tableau de l'Iliade.


II - TABLEAU : Jupiter arrive dans son temple sur le sommet du mont Ida.

Les parfums brûlent sur l'autel ; son char est d'or et groupe heureusement devant la porte de ce même temple ; ses chevaux sont tressés d'or ; et le dieu est couvert d'armes éclatantes. Ce tableau qui doit être clair et lumineux, produira le plus grand effet : mais il faut convenir que la majesté et l'action dignes de Jupiter, présentent d'autant plus de difficultés, que ce dieu est seul dans cette composition : il est vrai que l'artiste étant le maître de la largeur de ses tableaux, peut tenir celui-ci fort étroit.


III - TABLEAU : Jupiter assis sur le haut du Gargate ou d'une montagne lumineuse, environné de sa gloire, tient ses balances, dont un côté l'emporte sur l'autre.

Son char est à ses côtés ; il pèse le combat dont l'artiste doit donner une idée dans une plaine éloignée, et il doit fixer les regards du dieu sur cet objet.


IV - TABLEAU : Un cheval du char de Nestor blessé, met les autres en désordre d'autant plus qu'il es tombé.

Le maître du char fait des efforts pour couper les traits avec son épée : on voit d'un côté Hector qui s'avance avec ardeur sur Nestor pour le percer, et Diomède qui accourt pour le secourir. Ces trois chars, dont les directions et les situations sont différentes, doivent fournir une composition noble et de mouvement. L'artiste ne doit point oublier qu'il y a toujours deux hommes dans chaque char, le combattant et l'écuyer qui tient les rênes.


V - TABLEAU : Jupiter dans le haut du ciel.

La terre obscurcie par des nuages traversés par plusieurs éclairs : la foudre tombe au pied des chevaux de Diomède ; ils se cabrent. Nestor simplement désigné par la vieillesse, laisse échapper les rênes. Le char d'Hector doit être placé à quelque distance du premier en opposition, c'est à dire, en face, et courant sur l'autre : l'écuyer d'Hector sera représenté tombé mort et percé d'un dard.


VI - TABLEAU : Agamemnon tenant un grand voile de couleur pourpre sur le vaisseau d'Ulysse, parle aux Grecs pour les animer.

Ce tableau possible en lui-même, ne fournit point un sujet que l'on puisse traiter ; l'action de ce prince aurait peine à se distinguer : d'ailleurs, ces petits vaisseaux tirés à terre et présentés comme principal objet, choquent trop nos usages et démentent trop les idées que l'on se plaît à avoir de la flotte des Grecs. On la compare toujours, même sans en convenir, à la marine moderne. Je n'oserai donc conseiller d'entreprendre cette peinture ; il suffira de représenter l'instant qui suit celui-ci. Un aigle en l'air laisse tomber un faon de biche auprès de l'autel auquel Agamemnon et les principaux Grecs sacrifient ; on ne saurait trop exprimer leur douleur et leur saisissement à cette occasion. Les sacrifices sont toujours riches, et d'autant plus susceptibles de variété, que celui dont il est question est interrompu par cet événement.


VII - TABLEAU : Les deux déesses, Minerve et Junon, dans le même char.

Présenteraient la répétition du sujet qu'on a vu plus haut dans le tableau XII du Ve livre ; mais Iris avec des ailes d'or, qui vole à elles et qui fait arrêter leur char, en leur montrant de la main Jupiter irrité, présente non seulement une grande variété, mais un surplus de richesse et d'action.


VIII - TABLEAU : Les Heures empressées autour de Junon et de Minerve

dans l'enceinte du palais de Jupiter ouvrent la porte, tiennent les chevaux, ou donnent la main aux déesses pour descendre de leur char : on voit dans l'éloignement les autres dieux assis sur des trônes d'or ; on peut en marquer deux vacants auprès de Jupiter et aux côtés l'un de l'autre, pour indiquer que la femme et la fille du maître des dieux vont s'avancer pour les occuper.

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