Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Homère et l'art figuratif

L'effondrement de la culture mycénienne puis près d'un demi-millénaire dit " obscur " séparent le poète de l'Iliade – que la tradition nomme Homère – des héros qu'il célèbre. À la fin du VIIIe s. av. J.-C., il a rassemblé les histoires sur ce passé lointain et les a de nouveau racontées à partir de son époque. C'est par l'intermédiaire des aèdes et des rhapsodes que ces histoires ont avant tout atteint les cours des nobles. La phorminx, l'ancêtre de la cithare, servait à accompagner les chants. Le musicien en jouait également dans les rondes représentées sur le vase ci-dessous (2) ; c'est la représentation de cet instrument la plus ancienne que l'on connaisse.
L'œuvre d'Homère reflète l'intérêt ressuscité pour le passé héroïque. Ce n'est pas par hasard et c'est peut-être grâce à son recueil de légendes que par exemple à Mycènes, le culte d'Agamemnon est recréé à cette époque et que des tombeaux mycéniens sont choisis pour de nouveaux héros. Et désormais, peu après que l'être humain est de nouveau représenté dans l'art, les premières illustrations des légendes apparaissent aussi. Le culte des morts nous offre les documents d'observation les plus riches pour notre connaissance de la fin du VIIIe s. av. J.-C., grâce aux récipients à figures peintes, spécialement fabriqués pour être déposés dans la tombe, ou utilisés dans des dimensions monumentales, pouvant atteindre 1,80 m de hauteur, pour couronner le tumulus (3). Le sujet de la plupart des illustrations est déterminé par cette finalité : à côté des scènes de lamentation funéraire, une autre scène représente par exemple des processions de guerriers, parés de casque, de bouclier dit du Dipylon, de lances, d'épée et de poignard (3), qui, derrière les proches du défunt, escortent le mort gisant sur un char funèbre jusqu'à sa dernière demeure. Les deux guerriers sur le char à deux roues (1) dont les corps sont entièrement cachés par le bouclier octogonal évoquant le bouclier mycénien, suivent eux aussi le cortège ou bien prennent part à la course de chars pendant les jeux funèbres, qui ont la même signification dans le mythe d'être, et qui sont comme à l'époque d'Homère, organisés en l'honneur d'un défunt.

1 Cratère béotien Inv. S./10 1239. – H 31,6 cm. Peu de compléments. – style géométrique tardif, vers 700 av. J.-C. – CVA Tübingen (1) pl. 4,5.
2 Vase attique en forme de trèfle inv. W.K./12 2657 (détail). – H 32 cm. Peu de compléments – joueur de phorminx dirigeant, avec les premiers danseurs, une ronde composée de 16 femmes et de 9 hommes. – style géométrique tardif, vers 760-750 av. J.-C. – CVA Tübingen (2) pl. 14,1.2 ; 15,1-3.
3 Deux fragments d'un cratère attique, Inv. S./10 1465-66, appartenant au dit cratère Rodin (Paris, Musée Rodin). – 1465 : H 19,8 cm. ; 1466 :H 11,1 cm. – Atelier du Dipylon, style géométrique tardif, 760-750 av. J.-C. – CVA Tübingen (2) pl. 26,1.2.

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