Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

La Belle Hélène

"Jadis à Sparte, chez le blond Ménélas, des jeunes filles ayant des fleurs d'hyacinthe dans les cheveux formèrent un chœur devant la chambre nuptiale récemment ornée de peintures ; c'étaient douze grandes et belles Laconiennes, les premières de la ville : heureux prétendant, le plus jeune des fils d'Atrée venait d'enfermer sa bien-aimée, la Tyndaride Hélène. Toutes chantaient de concert en entrelaçant leurs pas en cadence, et le palais retentissait de chant d'hyménée ". Ainsi commence Théocrite (début du IIIe s. av. J.-C.) l'épithalame à la mariée célébrant les noces d'Hélène, fille de Zeus et de Léda, et de Ménélas, fils du roi de Mycènes. Ses vers illustrent précisément l'image d'un vase (3), qui fut lui-même autrefois un cadeau de mariage par le thème représenté : Ménélas portant un somptueux chiton, les muscles tendus, avec un diadème et une couronne de laurier dans les cheveux, une torche ou un sceptre dans la main droite, conduit sa promise, précieusement habillée, parée de sa couronne et de son voile, dans ses appartements. Le couple est entouré de deux femmes en tunique courte dansant sur la pointe des pieds (celle de gauche étant attesté par un fragment isolé). Sa couronne typique en feuille de roseau en forme de petit panier à laine (calathos) est caractéristique des Laconiennes. Afin de compléter la scène, on imagine le chœur des chanteurs.
" Ne blâmons pas Troyens et Achéens aux bons jambarts, s'ils souffrent depuis si longtemps pour une telle femme. On jurerait en la voyant que c'est une déesse ! " (Iliade, chant III, 156-158). C'est avec ces mots que les chefs troyens commentèrent l'arrivée d'Hélène, lorsqu'elle gravit le mur de la ville pour suivre le duel opposant son mari Ménélas à son amant Pâris. Aphrodite, qui lui avait conféré une beauté incomparable et qui l'avait autrefois promise à Pâris pour récompense, tendit encore une fois sa main protectrice au-dessus d'elle, comme le chantèrent déjà les poètes épiques du VIIIe et VIIe s. av. J.-C.. En effet, après la chute de la ville, Ménélas poursuivit Hélène pour la poignarder avec une épée étincelante, elle, la cause de cette guerre sanguinaire (1). Alors que les compagnes d'Hélène se réfugiaient à l'autel d'Aphrodite (verso du vase), Éros triomphe du forcené qui était tenu par la déesse. Encore brûlant d'amour et subjugué par la beauté d'Hélène (visiblement, les boucles de cheveux joliment représentées), il laisse tomber son épée (2).

1-2 Cratère attique à figure rouge à anses droites Inv. 67.5806. – H 39,8 cm. Peu de compléments, au bord quatre trous dus à une réparation datant de l'Antiquité. Au verso : deux femmes fuyant vers l'autel, palme. – Peintre de Leningrad, vers 460 av. J.-C. – CVA Tübingen (4) Pl. 15.1.2 ;16, 1-7 : 17, 1-2 ; pl. 10-11.
3 Fragment de vase attique à figure rouge Inv. 1219. – H 12,7 cm. Composé de nombreux fragments, compléments assez nombreux. – Peintre d'Hélène, vers 380 av. J.-C. – CVA Tübingen (4) Pl. 38.

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