Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Le jugement de Pâris

La pomme d'or qu'Éris, la déesse de la discorde, jeta parmi les déesses lors des noces de Pelée et de Thétis, devait aller à " la plus belle ". Et Zeus, afin qu'un conciliateur les départage dans cette querelle enflammée, convoqua le plus beau des mortels : ce sera Pâris, prince troyen éloigné depuis sa naissance et berger sur le mont Ida. Hermès conduisit les trois déesses devant Pâris, l'arbitre, et chacune d'elle essaya par des promesses d'obtenir un jugement favorable pour elle. Héra lui offrit le pouvoir sur l'Asie, Athéna la victoire dans toutes les batailles. Mais il succomba à Aphrodite qui lui offrit de séduire Hélène, la plus belle des femmes, épouse de Ménélas, roi de Sparte. Ayant abusé des règles de l'hospitalité, Pâris enleva Hélène de Sparte et partit pour Troie. C'est pour la reconquérir que se mit en route l'armée de Ménélas et des princes achéens alliés contre Troie.
Alors que la quasi-totalité des 300 représentations du jugement de Pâris montrent les déesses se rendant chez le berger, guidées par Hermès, les trois femmes représentées sur ce vase destiné à recevoir l'huile sacrée (1-3) attendent Pâris assises sur des chaises pliantes. Cependant, à la place du magnifique éphèbe apparaît un misérable vieillard tiré d'une caverne par un satyre barbu ithyphallique remplaçant le guide Hermès, comme s'il s'agissait de juger le vieillard. La désignation des femmes continue d'être sujette à controverse, tout comme, par conséquent, l'interprétation complète de cette représentation. La première, assise devant, pourrait être Héra caractérisée par le petit lion dans la main droite, celle assise au milieu, Aphrodite avec le lièvre et celle assise derrière, pourrait être Artémis, avec une fourrure de panthère dépassant de la chaise et le chevreuil comme signe caractéristique. Mais n'y reconnaît-on pas, malgré des attributs atypiques, Athéna qui fait partie en réalité de cette scène ? Le mythe serait encore plus perverti si derrière ces femmes richement vêtues se cachaient des ménades, dont ces animaux sont également les attributs.
Incontespllement, le personnage du satyre attire l'attention sur le fait que la scène repose sur le rôle par ailleurs inconnu du satyre, bien plus ancien que le jeu du satyre " Krisis " (=verdict) de Sophocle (né en 496 av. J.-C.), plus fortement allégorique, et qui avait également le jugement de Pâris comme sujet.

1-3 Lécythe attique à figures noires Inv. S./10 1294. – H 20,9 cm. Peu de compléments. – Sappho-Maler, 490-480 av. J.-C. – CVA Tübingen (3) Pl. 47, 1 4.

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