Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Les conquérants mycéniens de Troie

" Le destin veut qu'il soit sauvé, afin que ne périsse pas, stérile, anéantie, la race de ce Dardanos, que Zeus a plus aimé que tous ses autres fils… Le grand Énée, un jour, doit être le roi des Troyens, ainsi que les fils de ses fils, qui naîtront après lui. " (Iliade 20, 298-308).
Dans l'Iliade déjà, il était annoncé ce que Virgile chantera ensuite dans son Énéide peu avant l'un des tournants de l'histoire : " Je chante les combats, et ce héros qui, forcé par le destin d'abandonner sa patrie, vint le premier des bords troyens aux rivages de l'Italie et de Lavinium. Longtemps poursuivi par les Dieux, et sur terre et sur mer, à cause de l'implacable ressentiment de la cruelle Junon, il eut encore à supporter tous les maux de la guerre, avant de fonder une ville et de fixer ses Dieux dans le Latium, première origine du peuple latin, de la colonie d'Albe et de la superbe Rome " (Énéide 1, 1-7). Avec l'Énéide, Virgile créa une épopée nationale racontant l'origine et la mission de Rome et du peuple romain, de ses nobles familles, ainsi que l'histoire de la maison impériale à l'époque julienne (Jules César) : Énée, fils d'Aphrodite et d'Anchise, devient le héros fondateur de la nouvelle Troie, appelée Rome. Les Romains ont également eu recours à sa pietas (piété) et à celles des Troyens qui le suivent, et, en tant que leurs successeurs, ils se sont considérés comme le peuple élu, appelé à dominer le monde.
Énée, le plus dévoué et le plus pieux de sa dynastie, fut le seul héros de la famille royale de Troie à réchapper du combat pour la ville. Dans l'accomplissement de son devoir, animé par des sentiments de piété, il s'enfuit de la ville de Troie dévorée par les flammes, emmenant avec lui son fils Ascagne, également connu sous le nom de Iule, et son père très âgé qu'il portait sur son dos. Par respect pour les Olympiens, il emporta la vénérable statue d'Athéna, la déesse protectrice de la cité (Palladium) et les dieux de la cité (les Pénates), pour s'établir sur le sol italien (voir 4e de couverture).
En Italie centrale, Énée bénéficia très tôt d'une admiration cultuelle. Ce n'est pas par hasard que sur plus de 60 vases attiques dépeignant la fuite du héros avec son père et datant presque tous du dernier quart du VIe siècle av. J.-C., un seul ait été découvert avec certitude en Grèce, alors que la majorité d'entre eux l'ont été dans le sud de l'Étrurie. Les peintres sur vase de cette époque avaient choisi ce thème pour plaire à leurs acheteurs étrusco-italiques.

1-3 Amphore (à col) à figures noires, céramique attique Inv. 2451. – H 42 cm. – groupe de Leagros, peintre Chiusi, 520-510 av. J.-C. – CVA Tübingen (2) Pl. 37, 1-3 ; 38, 1-2 ; Ill. 30 et 31.

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