Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Articles sur la sortie du film Troie de Wolfgang Petersen


Autres données sur le film Troie dans la rubrique : filmographie.

L'Iliade selon Wolfgang Petersen et Hollywood. Quand l'antique fait toc...

L'épopée antique refait surface, avec ses toges aux imprimés approximatifs et ses tirades ampoulées sur le sort d'une humanité dont on connaît l'histoire par cœur. Rien de nouveau sous le soleil de cette Grèce-là. C'est la même vision que dans les films en Technicolor qu'on apprécie aujourd'hui au second degré. Pâris, joli cœur, embarque Hélène à Troie, et le roi Ménélas, cocufié, va s'en offusquer auprès de son frère Agamemnon, qui en profite pour commencer la guerre. Ces barbus courroucés vont chercher Achille, qui s'amusait avec son glaive, mais doit faire face à son destin... On rame vers Troie et il est difficile de dire ce que Wolfgang Petersen cherche à prouver dans cette galère.Par les temps qui courent, on craint le pire. Le retour en grâce du péplum dans les studios hollywoodiens servirait-il à requinquer la foi dans la politique extérieure américaine ? Oui et non. Si le film prend plutôt le parti de l'agressé - les Troyens, il flatte tout de même dans les grandes largeurs un instinct guerrier fondé sur la défense de la patrie et la loi du talion. Le réalisateur semble se réveiller à mi-parcours. Le temps d'un combat entre Pâris et Ménélas. Délesté d'une musique souvent pénible et de ses trucages grandiloquents, le film fait enfin exister un peu les personnages.Achille, surtout, et avec lui son interprète, Brad Pitt. Petersen, semblant retrouver ses origines alle-mandes, en fait son Siegfried. Un héros assez mélancolique, dont la blondeur paraît soudain germanique, flanqué d'un cousin tout ce qu'il y a de germain (lui aussi pourrait jouer dans les Niebelungen). Par cette rêverie détournée, Troie ravive fugacement la magie des univers légendaires. Mais la chute de la ville, et le coup du cheval, passent trop vite du côté de la ruine philosophique:les hommes détruisent tout ce qu'ils font de grand. Of course. Au lieu de cette morale bon marché, on aurait simplement aimé croire un peu plus à ce qui était raconté.Frédéric Strauss

Frédéric Strauss
Télérama n°2836 mai 2004

Brad Pitt: su quel set rischiavo d'impazzire

Uscirà in tutto il mondo il 28 maggio il film di Petersen tratto dall'Iliade e costato 200 milioni dollari

Molti incidenti e un durissimo allenamento fisico per gli attori di SILVIA BIZIOLOS ANGELES - Il film Troy ripercorre le tappe salienti dell'Iliade, ambientata nel 1193 a. C.: quando Paride (Orlando Bloom), giovane principe di Troia, rapisce la bellissima Elena (Diane Kruger) a suo marito, re Menelao di Sparta (Brendan Gleeson), si scatena la guerra tra i greci e Troia. L'assedio della città, ritenuta inviolabile, dura dieci anni, il conflitto è sanguinoso. Ettore (Eric Bana), figlio di Priamo, re di Troia (Peter O'Toole), incarna la speranza del suo popolo, ma soccomberà in un duello alla furia di Achille. Troia verrà infine conquistata con lo stratagemma di Ulisse (Sean Bean) del finto cavallo.
"E' una delle più grandi storie mai raccontate" dice Pitt, che ha da poco compiuto 40 anni e confessa la sua voglia, in questo periodo, di godersi un periodo di calma con la moglie Jennifer Aniston nella loro villa da 25 milioni di dollari a Beverly Hills da lui stesso appena restaurata con l'aiuto del grande architetto Frank Gehry. Insieme a Bana, Pitt si è sottoposto a un severo regime di esercizi e addestramenti per le scene dei duelli con la spada, cavallo, lance. "Non avremmo potuto bluffare" dice l'australiano Bana, il protagonista di "Hulk" "Ma ci vuole molto impegno anche con sei mesi di strenuo allenamento". E' stato proprio il durissimo allenamento fisico che ha costretto Brad Pitt a smettere di fumare: l'attore ha dovuto rinunciare alle sigarette rischiando, come lui stesso ha confessato a numerosi giornali, "di impazzire": "La mia rabbia era tale che ero pronto ad uccidere, cosa che mi ha aiutato non poco ad entrare nella pelle del personaggio. Diversamente dal solito, questa volta ho dovuto concentrare molte delle mie forze sulla preparazione atletica e sull'aspetto fisico. Non scorderò mai il mio trainer ed i suo terribile allenamento quotidiano".
La vede diversamente Orlando Bloom, il Legolas del "Signore degli Anelli" che qui interpreta Paride. "Paride è un anti eroe" dice Bloom "Va contro tutte le idee della virilità e dell'energia maschile dell'epoca. E' un amante, non un combattente. Si innamora di una donna e per questa passione provoca una guerra, è l'incoscienza della gioventù. La sfida per me è stato renderlo comunque umano, non è una cosa che succede tutti i giorni. Vi immaginate se entrassimo in guerra perché Bush ha rapito la donna di bin Laden?".Come si addice a una produzione di epiche proporzioni, la lavorazione di Troy è stata segnata da una serie di incidenti: un'ondata di caldo fuori del normale a Malta ha messo a dura prova le comparse, centinaia delle quali venute dalla Bulgaria, un uragano in Messico ha distrutto l'inviolabile porta di Troia e uno stuntman, George Camilleri, è morto dopo le ferite riportate saltando da una nave. Sei guardie di sicurezza del set in California sono state arrestate dalla polizia messicana per aver rubato quattro moto da sabbia e strumenti appartenenti alla produzione per protesta dopo che non venivano pagate da mesi. Pitt se l'è presa col regista Petersen perché ha scelto una controfigura per le gambe dell'attore considerate "troppo magre". Infine, Pitt si è infortunaito proprio al tendine di Achille.
Il regista tedesco Wolfgang Petersen confessa di voler togliere all'Iliade la polvere delle memorie scolastiche con un'avventura densa d'azione che punta a divertire sia gli adulti che i ragazzini di oggi per cui Homer/Omero è solo il papà di Bart Simpson. Il film lascia aperto uno dei quesiti che lo stesso Pitt si è guardato bene dal rivelare: Achille e Patroclo (Garrett Hedlund nel film) erano amanti? "Non nego di essere a conoscenza dell'interpretazione omosessuale del rapporto tra i due guerrieri achei" dice Petersen, "ma si tratta di un film per la famiglia, di un grande spettacolo, e non ne abbiamo fatto certo una Sodoma e Gomorra né una variazione psicoanalitica sui comportamenti degli uomini in guerra. Rimarrà allo spettatore la facoltà di leggere come vuole certi atteggiamenti". Considerata l'importanza seminale dell'Iliade, sorprende che Hollywood se ne sia sempre disinteressata, eccezion fatta per un "Elena di Troia" del 1955, di Robert Wise, con Ròssana Podestà molto sexy, una sorta di soap-opera girata a Cinecittà. "Sono state fatte tante variazioni sull'Odissea, ultima delle quali "Fratello dove sei" dei fratelli Coen" dice Petersen, "ma mai sull'Iliade, che è la madre di tutte le tragedie. Perché? Non so spiegarmelo. Meglio per noi, che creeremo un precedente".

Article de la Repubblica, 25 avril 2004

Le talent d'Achille

Dans "Troie", version revisitée de " l'Iliade" d'Homère et présentée à Cannes hors compétition, Brad Pitt, vindicatif et bodybuildé, se bat contre ses démons en décimant les troyens.
Dans la vie, le rebelle de Hollywood revendique le respect de soi et les valeurs d'autrefois. Entretien.

TéléCinéObs.- Dans "Troie ", vous jouez Achille. Comment concevez-vous le personnage?
Brad Pitt - C'est un guerrier absolument exceptionnel. II est solitaire, renfermé, totalement rebelle. II n'obéit pas à Agamemnon, qu'il méprise. Achille n'a qu'un seul horizon: la gloire. L'argent, le pouvoir lui importent peu. II veut que son nom traverse les siècles.
Vous semblez avoir travaille votre physique... -Oui, tout monde me le fait remarquer. Mais c'est ce que nous faisons, nous, les acteurs. On nous demande de changer de costume ou de corps, nous le faisons. C'est notre métier. Qu'on mette l'accent, à point-là, sur mon physique, c'est dingue!
La jupette vous va bien. - Je trouve aussi, man. Je vais peut-être la garder. Qu'en pensez-vous?
Euh... Vous avez travaillé dur pour le rôle ? - Je suis d'un naturel paresseux. Quand j'ai accepté de jouer dans"Troie ", l'entraîneur m'a dit que j'allais avoir des moments difficiles. Je me suis très vite aperçu qu'il avait raison. J'en ai sué... De plus, je venais d'arrêter de fumer. Très très dur. Par moments, j'avais envie de tuer. Cela dit, ça m'a aidé pour le rôle.
Achille ne fume pas? - Non, pas que je sache. Ou alors en cachette.
Qu'est-ce qui a été le plus dur, dans ce film? - Les combats. Ils étaient extrêmement chorégraphiés, et nous avons commencé à les répéter bien avant le tournage. Chaque moment libre était consacré à ces répétitions.
Dans votre prochain film, " Ocean's Twelve ", vous retrouvez Julia Roberts, après " Ocean's Eleven " et le Mexicain ". On va jaser, dans les chaumières... - C'est dans tous mes contrats, maintenant. Je dois jouer avec Julia Roberts. Obligatoire.
Vous êtes classé comme l'"homme le plus sexy dumonde". Qu'en pensez-vous? - C'est d'un ridicule. Flatteur, mais ridicule. Je suis comme tout le monde. J'ai des mauvais matins et des bons.
Comment survivez-vous à votre célébrité? - C'est un peu difficile, par moments. Il y a des extrêmes qui sont insupportables... C'est un drôle de sentiment... Il y a même des gens qui fouillent votre poubelle, au sens littéral du terme. II faut passer toutes les ordures au broyeur avant de les jeter. J'essaie de m'habituer...
Que redoutez-vous le plus? - Le danger de l'argent. L'argent, à partir d'un certain niveau, a tendance à vous séparer de la réalité... Votre perception de la vie est changée. Je ne voudrais pas que ça m'arrive.
Quand vous avez débuté, que souhaitiez-vous devenir? - Soit un grand styliste, soit un grand architecte, soit un grand acteur. Fmalement, je me suisdirigé vers le cinéma... Mais, au fond, je n'ai pas totalement renoncé à l'architecture. J'ai toujours envie de construire des choses, de créer. Je ne suis pas certain de vouloir rester acteur jusqu'à la fin de mes jours, man.
Combien recevez-vous de scénarios? - Plein. J'ai des collaborateurs qui les feuillettent pour moi, puis j'en lis pas mal. J'essaie de trouver des filins qui soient originaux.
Vous semblez très attaché à " Fight Club" - Oui, c'est un film très noir. C'est ça que je recherche. Pas les grands rôles d'action, pas les gros cachets. Ce qui m'importe, c'est le respect de soi-même, c'est... Mais j'ai aussi envie de tourner des comédies, ce qui n'est pas mon fort. Je viens d'en tourner une, " Mr. and Mrs. Smith ", avec Angelina Jolie.
Qui vous conseille, pour les questions financières ? - Mon père. II a la tête plus rationnelle que moi pour ces choses-là.
Il est content de votre choix de carrière? - Maintenant, oui. Je me souviens que, lorsque j'ai décidé de quitter l'école, j'étais assis, en classe, et je me suis dit: "Je dois partir. " Mes parents étaient un peu inquiets, mais ils m'ont laissé faire. J'avais 392 dollars en poche et... ma vieille voiture a tenu le coup. A chaque fois que je franchissais la frontière d'un Etat, en me rapprochant de la Californie, je criais: " Youpi! "
Quel a été votre premier role ?-Je jouais le fiancé un peu bêta de la fille de Priscifia Presley dans " Dallas"... Puis les quatorze minutes dans " Thelma et Louise " ont tout changé.
Vous regrettez ? - Non, pas du tout. Mais on n'ima-gine pas à quel point la vie est bouleversée. On vous retire votre vie, et on vous en donne une autre. Après " Thelma et Louise", plus rien n'était pareil. J'avais l'impression de vivre un mensonge. Je me couchais le soir en me disant: "On va s'apercevoir que je ne suis pas une star. Je vais tomber de haut. " Finalement, personne ne s'est aperçu de rien.
A 4o ans,vous envisagez un changement de rythme dans votre vie? - Oui. La série " Friends " est terminée et Jennifer, ma femme, a du temps libre. Je pense que le moment est venu pour moi de devenir papa.
Mazel tov! Vous avez la tête presque rasée, aujourd'hui. C'est une indication de votre nouveau "moi "? - Non, il n'y a pas de nouveau moi, man. J'en ai assez d'Achille, de ses cheveux longs, de ses bouclettes qu'on me frisait au fer tous ls matins; Dès le tournage terminé, j'ai tout coupé. Par lassitude. Pendant le tournage, on a aussi coupé mon aigrette, sur mon casque... En faisant des moulinets avec mon glaive, je n'arrêtais pas de la trancher ou de la frapper. Finalement, on a coupé. Souvent, c'est la bonne décision, au cinéma: couper.
On vous reverra en superhéros comme Achille? - Vous voulez savoir s'il y aura un "Troie 2"? Non, je ne crois pas. Homère n'a pas eu le temps... Pour répondre à votre question: je ne sais pas. Je ne suis pas très amateur de superhéros. Je préfère les gens comme les autres. La banalité, voilà une forme d'héroïsme qui m'intéresse.
Quel a été le meilleur moment de "Troie"? - Toutes les scènes avec Peter O'Toole. C'est un honneur de travailler avec cet homme-là. II est drôle, charmant, talentueux, et il ne se prend pas au sérieux, il y a une scène en tête à tête où, pour être franc, j'avais le trac. C'est le genre de scène où on dépend complètement de son partenaire. Nous avons tourné, je crois, sept prises. Et, à chaque fois, grâce à lui, j'ai donné le meilleur de moi-même. Humainement, il est unique. Avec lui, aucune anxiété.
Qu'est-ce qui provoque votre anxiété? - L'idée que les gens, aujourd'hui, connaissent le prix de tout, et la valeur de rien.

Propos recueillis par François Forestier
TELEOBS CINEMA 1 8

Would Homer favor this version of Troy ?

I was quite eager to view the new film "Troy," starring Brad Pitt as Achilles, a rendering of the classic tale about the Trojan War, the attempt of the Greeks to conquer the seemingly invulnerable city of Troy. The film is based on Homer's "Iliad" along with small portions of his "Odyssey" and a smattering of Virgil's "Aeneid." I would have thoroughly enjoyed the movie, if I had never studied and taught the "llliad," but you know professor types. We think too much, and we're picky about the classic canon.
Even so, I can still recommend "Troy" as an enjoyable piece of old-fashioned epic entertainment, despite the fact that I'll probably be "unteaching" a great deal of misinformation in future years, as students opt to watch the movie rather than read the assigned classic.
The producers of this film made a number of plot changes that will drive purists batty, and this was probably to be expected. "Troy" is among the most expensive motion pictures ever made. The filmmakers were not about to risk alienating modern audiences by sticking too closely to the classic. They were compelled by financial interests to appeal to modern mass audience sensibilities.
Oddly enough, Homer, himself a sort of entertainer, would probably have understood. In all likelihood, the legends of the Trojan War were- many and the plotline reasonably fluid in Homer's time. There were most likely many "versions" of the epic floating around. The thing that made Homer's a classic is that, in the words of my own classics professor, Dr. Leon Golden of Florida State University, "They finally had a version no one wanted to change."
All this being the case, Homer probably would have forgiven most of the changes made to his original -- all but one. Hollywood changed the ending and, in doing so, significantly changed the meaning of the story as Homer told it. In the "Iliad" Homer did not, as per the movie, opt to tell the story of the final fall of Troy, with the dramatic ruse of the Trojan horse.
Rather, for the final significant scene, he ended his story with King Priam of Troy bravely infiltrating the Greek camp to beg for the body of his son Hector. Achilles was refusing Hector a proper burial, thus preventing the final rest of Hector's soul.
In Homer's original, Priam's plea reminds Achilles of his own father, who will never see Achilles alive again. In a brief moment of common grief, the two men weep: Priam for the tragic loss of his son; Achilles for the future grief of his father. It is this sudden, unexpected moment of bonding through tears that moves Achilles to grant Priam the body of Hector.
In the film, Achilles is moved to surrender Hector's body by Priam's courage and later is finally "humanized" through a gesture of romantic love. This makes "Troy" a better date movie, but in Homer's original, Achilles' humanization comes through unexpected pity for his enemy in war.
By ending this epic of warfare and death on such a note, Homer seems to suggest that we can only overcome the tragedies of our violent world through authentic moments of pity and kindness. Homer's epic is a plea for pity and kindness in a world too often ruled by heartless kings and brutal men of arms. Almost three thousand years later, there is nothing on the nightly news to indicate we have outgrown the need for Homer's message.Shoopman, Ph.D., is a professor at Embry-Riddle Aeronautical University in Daytona Beach.

Jim Shoopman, Community Voices

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