Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Autel Achéens - Altari Achei

Une étoile me traverse de son
orbite.
Una stella mi traversa con la sua
orbita.


Elle se levait le soir sur le ciel d'un enfant,
dans une rue escarpée, aux fenêtres
aveugles, et l'enfant courait, archer
qui devait cribler les marches
d'ardoise, secouer les néfliers
dans les cours intérieures. `
Étoile des courses bleues, là-bas
sur les montagnes et les toits, elle l'appelait :
Giuseppe, fils d'Anita et de Franco
viens, tu n'as plus de maison, de famille
suis-moi. Surgis des portails, des chats blancs
détalaient comme après
un crime.
Sorgeva sopra il cielo di un bambino, le
sere, in una via di finestre cieche, in
salita, lui correva, era l'arcere che
doveva bucare gli scalini di
lavagna, scuotere dai cortili
nascosti le nespole.
Stella di corse azzurre, giù
dai monti e dai tetti lo chiamava
Giuseppe, figlio di Anita e di Franco
vieni, non hai più casa, nessuno,
seguimi. Uscivano dai portoni gatti
bianchi, di scatto, come dopo un
crimine.


Je retourne où déjà j'ai été
vers les murs d'une ville qu'aimantent
les constellations sans herbe, rocheuse, immobile mer
d'éternité
paon de pierre en plein vol scintillant.
Le rêve que je suis conscient de rêver
l'unique, le premier, me dirige
là.
Ritorno dove sono già stato
alle mura di una città calamitata
dalle costellazioni
diserbata, macigna, mare immobile
eterno
volo di pavoni di pietra e luce.
Il sogno che io so di sognare
l'unico, il primo, mi conduce
là.


Ce qu'une voix occidentale dit à Héraklès Ciò che una voce occidentale disse ad eracle

Ce qu'une voix occidentale dit à Héralès
C'est un prédateur des plaines, il attaque
les chèvres et les cerfs, les maisons
des villages, ses pattes furieuses
font violence aux arcs et aux pierres
de toute porte.
Vagues et sables dans la tempête l'ont doté
de griffes. Cratères mutilés, étoiles de mer
sont ses yeux.
È un predatore della pianura, assale
le capre e i cervi, le case dei
villaggi, ha zampe furenti, violanti
l'arco e i macigni d'ogni porta.
Onde e sabbie in tempesta han fatto i suoi
artigli, mutilati crateri, asterie sono
gli occhi.



C'est un prédateur des plaines, il tue
les sentinelles surprises seules à l'abri
ensanglante les amphores emplies de farine, vole
et déracine, rase les vergers.
Il regagne à la nuit les gorges de Némée
dont les parois s'éboulent à pic
dans les lentisques, plus profondes
qu'un lac asséché, rongées
comme une table par un ver.
È un predatore della pianura, uccide
scolte sorprese sole nella guardiola
anfore di farina insanguina, ruba
e sradica, rade filari, frutteti.
Poi di notte torna nelle gole
di Nemea, dalle pareti cadute a
precipizio nel lentischio, più
profonde di un lago prosciugato
rose come una tavola da un tarlo.


Il dort là, l'ignore et sombre
dans un sommeil de sang et de marées
qui traque le réveil comme sa terre
un satellite vaste, inhabitable.
Lì dorme, lui non lo sa, scende in un sonno
di sangue e di maree che insegue il risveglio
come la sua terra un satellite
vasto, inabitabile.


Fragments de la voix de Prométhée : Frammenti della voce di Prometeo :

Plus fidèle qu'une sentinelle à sa nuit
as-tu été envers ton dieu. Au fil des saisons
tu as suivi la biche de Cérynie
jusqu'aux routes de l'ambre et des glaciers
par ta main fut mis aux fers
le sanglier qui dévastait les pentes
aux cyprès de l'Erymanthe. C'est toi qui as rendu
aux lignées des hommes les champs
de Corinthe à Argos, la cohorte des blés,
les coudraies, les amandiers.
tu sei stato al tuo dio. Nelle stagioni
hai inseguito la cerva di Cerinea
sine alle vie dell'ambra e dei ghiacciai
il cinghiale che predava le pendici
di cipressi dell'Erimanto hai gettato
in catene. Sei tu che hai reso alle stirpi
degli uomini i campi tra Corinto e Argo, le
file di spighe e mandorli e nocciòli.


Va maintenant, que tes pas
te portent vers l'ouest où les cygnes assemblés
dorment dans les estuaires. Tu verras
des forêts géantes, sapins, caroubiers
d'autres arbres encore, colosses aux branches bleues
qui cisèlent l'espace, et dont les graines
sont neige perdue par les baies, pupilles sèches
et polissables. Les nuages là-bas
naissent des nuages, comme les pierres
des pierres, les lacs au pied des collines
semblent de longs cheveux dénoués, des chevaux noirs
galopent sur les rives, près des récifs
où les corbeaux se figent.
Ora vai, devi
prendere la via dell'ovest, dove
branchi di cigni dormono sugli estuari
dove vedrai boschi giganti, di
carrubi e di abeti, alberi immani
dai frastaglianti rami azzurri, dalle
bacche che nevicano semi
come pupille secche, levigabili. Là
nascono nuvole da nuvole pietre
da pietre, cavalli neri corrono su rive
di laghi lunghi sotto le colline
come capelli sino agli omeri, e i
corvi stanno fermi sulle scogliere.


Tu combattras
une armée nue, les haches
de pierre, les frondes des guerriers
du roi-Cygne.
Puis tu trouveras les jardins où la mer
invente des arcades, les vergers des filles
d'Hespéros, les pommeraies d'or
et tu fixeras les frontières, infranchissables.
Combatterai
contro un esercito nudo, contro le asce
di pietra, le fionde dei guerrieri del re
Cigno.
Poi troverai i giardini porticati
dal mare, gli orti delle figlie
di Espero, meleti d'oro,
e fisserai i confini, invalicabili.


Fragments de la voix de Manannan Mac Lir : Frammenti dalla voce di Manannan Mac Lir:

Les vagues les vagues ont des pommes
des pêches, des vignes, en veux-tu ?
Ô trouve-les, toi, dans les veines
de ce qui est incultivable.
Le onde le onde hanno mele
e vigne e pescheti, li vuoi ?
Oh, trovali tu nelle vene
di quello che è incoltivabile


Les chants la lune les porte
le vent qui dresse les tentes
d'algues et d'argent, la fugue
des cachalots et des saumons
I canti li porta la luna
il vento che fa padiglioni
di alghe e d'argento, la fuga
dei capodogli e dei salmoni


les porte le bourgeonnement
barbare des roses et cerisiers
des étoiles vogantes, nébuleuses
des enfants-cerfs, des arbousiers
ii porta il gemmare barbaro
dei ciliegi e delle rose
delle stelle voganti,. nuvolose
delle ragazze-cerve, dell'erica


Les barques de cuir et de bruyère
appareillent pour la chasse aux sirènes
ô trouve-les, toi, dans les veines
de ce qui est impénétrable
Le barche di cuoio e brughiera
salpano a prender sirene
oh, trovale tu nelle vene
di quello che è impenetrabile


Ici où le soir tombe
en vain hisses-tu les limites
quand déjà franchissent la frontière
les chariots emplis de nouvelles
étoiles
Invano tu alzerai i limiti
qui dove viene la sera
e passano già la frontiera
i carri gremiti di nuove
stelle


ARGOLIDE ARGOLIDE

Argolide de poussière et de
rocs, de chênes-verts et de
sureaux, de fontaines
enfouies, de cannaies, de
murailles éboulées, de
plateaux d'herbe rose, de
routes qui s'en vont
vers les grèves et les astres.
Argolide di polvere e di
rupi, di lecci e di
sambuchi, di fonti
sepolte, di canneti, di
muraglie spezzate, di
pianori d'erba rosa, di
strade che vanno sui cigli
dei greti e degli astri.


Némée est le nom d'une
gare déserte sur la
voie qui s'enfonce
au milieu des lentisques.
Sur la place d'Argos, quelques tables
seulement, des chaises que poignarde
l'après-midi poisseux.
Sur la mer Corinthe prolonge
les quais, les rues boueuses
de ses nouvelles maisons basses.
Nemea è il nome di una
stazione deserta lungo il
binario che si inabissa
tra i lentischi.
Sulla piazza di Argo, solo
tavolini, sedie accoltellate
dal pomeriggio grumoso.
Corinto ha steso sul mare
banchine, le vie infangate
delle sue nuove case basse.


Argolide d'épis, de vignes
d'acropoles broutées où furent les nids des femmes
exterminatrices.
Argolide de ravines, de blessures
de gorges et de cages, de
bêtes murées, tourterelles
aveugles, éclipses.
Argo/ide di spighe, di viti
di acropoli brucate
dove donne sterminatrici
ebbero i loro nidi.
Argo/ide di forre, di ferite
di gole e di gabbie, di
belve murate, tortore
cieche, eclissi.


Celui qui te parcourt le sait
l'isthme franchi il rencontre
une force frontale, un cri
de guerriers et d'amandiers
un tunnel qui perfore la roche
et touche les constellations.
L'autocar de la ligne Athènes-
Nauplie cahote sur des routes
d'herbe rose, au bord
des grèves, des astres.
Chi ti percorre lo sa
varcato l'istmo è frontale
una forza, un grido di
duellanti e di mandorli
una galleria che buca la roccia e
tocca le costellazioni.
Il pullman della linea Atene-
Nauplia va per strade d'erba
rosa, sui cigli dei greti e
degli astri.


Une volonté aiguë comme
le sépulcre du Seigneur des Hommes
martelée comme l'or
des bijoux d'Hélène
celui qui te parcourt le sait
dans ta lumière, dans tes pierres, il y a
le souvenir des premières batailles
de la première mer et du
sang, toutes les fleurs écarlates
et la radieuse horreur de la majesté.
Una volontà acuminata, come il
sepolcro del Signore di Uomini
martellata come l'oro
dolce dei monili di Elena
chi ti percorre lo sa
nella tua luce, nelle tue pietre c'è
il ricordo delle prime
battaglie, del primo mare e del
sangue, tutti i fiori scarlatti, e
il radioso orrore della maestà.


Dans le sommeil de tes cités mendiantes
nouvel effroi est pour moi l
e chant, sonore, dégainé
cruelle caresse du destin
qui toujours est carnage
et boutons d'or.
Nel sonno delle tue città mendiche
di nuovo sgomento mi è il
canto, alto, sguainato
cruenta carezza del fato
che è sempre strage e
ranuncoli.


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