Université Stendhal MSH-alpes : Maison des Sciences de l'Homme CNRS

Trois odes égéennes - Tre odi egee

Déesse en exil, toi qui aimes
sans rime ni raison, propice aux noces
furtives entre inconnus, aux
courses, au duel, aux carquois
Dea in esilio, che ami
senza un perché, propizia ai brevi
connubi tra sconosciuti, alle
corse, al duello, alle ricolme

chargés de flèches, déesse plurale,
sauvage, déesse des mouvements
dont les yeux sont dans toutes les baies
dont les pieds sont dans tous les siroccos
faretre, dea plurima, sel-
vatica, dea dei movimenti
che hai occhi in ogni bacca
che hai piedi in ogni scirocco

"les tours de sel et de silence
que l'après-midi érige sur les champs
moissonnés de Paros, tels des paons
débusqués hors la cache des ronces"
" le torri di sale e silenzio
che fa il pomeriggio sui campi
falciati di Paros, pavoni
scovati di colpo tra i rovi "

déesse de la nudité et de la lutte
déesse des cimes et des ravines
déesse des haches et de la volée
des rosiers, des oliveraies
dea della nudità e della lotta
dea delle vette e dei declivi
dea delle mannaie e dei voli
dei rosai, degli uliveti

déesse des renards et des biches
déesse des torrents et des cannaies
qu'il soit sanglant le rêve
de ton retour, qu'il soit sanglant,
dea delle cerve e delle volpi
dea dei canneti e dei torrenti
sia cruento il tuo sogno di
ritornare, sia cruento,

indomptable.
indomabile.



Déesse en exil, ni mère ni épouse
en vain ai-je cherché ton île
navires et caïques te craignent
ô toi ornée de pierres, que nul ne peut rejoindre.
Dea in esilio, non madre, non sposa
ho cercato invano la tua isola
traghetti e caicchi ti temono
o tempestata, o irraggiungibile.

Dans le vent qui se lève avec l'aube
qui blanchit et courbe le port
qui arrache des forêts d'algues
aux paroles d'un marin mort
Nel vento che arriva con l'alba
che imbianca che inclina il porto
che scava foreste di alghe
nelle parole di un marinaio morto

dans les foulées, les flocons
que la mer invente
en ses couloirs célestes, dans les amas
d'anémones
nelle falcate, nei fiocchi
che il mare sa fare di sé
nei suoi corridori celesti, nei
banchi di anemoni

tu demeures.
sei.

(Paros-Nauplie, 19-23.VIII.1980)
(Paros-Nauplia, 19-23.VIII 1980)



Déesse en exil, ni mère ni épouse
ô toi ornée de pierres, toi l'introuvable
je sais tes cils et ton flanc
j'ai vu un jour ton visage
Dea in esilio, non madre, non sposa
o tu tempestata, o introvabile
io so le tue ciglia e il tuo fianco
ho visto una volta il tuo viso

déesse en exil, ni mère ni épouse
ô toi la chasseresse, ô toi l'infatigable
qui a des cils de ciels et d'araignées
qui a des flancs de figues et d'hibiscus
dea in esilio, non madre, non sposa
o tu cacciatrice, o instancabile
che hai ciglia di cieli e di ragni
che hai il fianco di fichi e di ibischi

veinures de galets, ta main
de sable et d'émail, tes genoux
nus comme deux récifs
de l'Égée, chevilles de vigne et faisan
righe di pietrisco è la mano
di sabbia e di smalto, i ginocchi
nudi come due scogli
egei, caviglie di vite e fagiano

qui cours dans les bois sombres
les vallées de salin et d'éteule
qui décoches sur les ports, les navires
des orages aussi brefs que des crimes
che corri nei boschetti scuri tra
vallate di salino e di stoppie
che scocchi sui porti, sui traghetti
temporali brevi come crimini

déesse en exil, ni mère ni épouse
ô toi l'inviolée, l'intouchable
reviens, reviens, ton visage
est de roche voilée par les flots
dea in esilio, non madre, non sposa
o tu inviolata, o intoccabile
I ritorna, ritorna, il tuo volto
è roccia che il flutto nasconde

verger que le mur blanc
divise, reviens, reviens
fleur de mer, pêche, miracle
ô tu dois me blesser, me choisir.
frutteto che il muro di calce
divide, ritorna, ritorna
fiore di mare, pesca, miracolo
o tu feriscimi sceglimi.

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